Interview exclusive : Matthew Koma, LA voix EDM incontournable ! | DJMAG France - Suisse - Belgique

Interview exclusive avec Matthew Koma, LA voix EDM masculine incontournable depuis un peu plus d'un an...

En un peu plus d'un an, la voix de Matthew Koma est devenue une référence, comme une évidence. Avec son timbre particulier et grâce à une qualité d'écriture désormais indispensable aux DJ's stars, le jeune new-yorkais s'est imposé dans le monde de l'EDM grâce à des collaborations de prestige. Tiësto ('Wasted'), Alesso, Hardwell, Zedd ('Clarity'), Afrojack ('Keep Our Love Alive'), Steve Aoki, Audien ('Serotonin') ou encore Carly Rae Jepsen, tous ont fait appel à ce talent brut, désormais habitué au haut des charts internationaux. Alors qu'il est de plus en plus convié sur scène aux côtés des DJ's stars avec qui il a collaborés, Matthew Koma s'apprête aussi à sortir son premier single solo, extrait de son premier album. Rencontre exclusive avec ce phénomène. 

Quand as-tu commencé à t'intéresser à la musique électronique ?

J'ai grandi à New-York, où la scène électro a toujours été très intéressante et qualitative. Mais j'avoue que je n'y my intéressais pas du tout au début de ma carrière d'artiste. C'est grâce à un ami, Noah, que je me suis plongé dans cette culture musicale. Il m'a fait écouter énormémement de morceaux et je me souviens que j'ai eu un coup de coeur pour DJ Shadow, qui fut le point de départ de mon éducation musicale en matière d'électro. Il avait tout un tas de mixtapes, toutes underground et je devais être le seul à ne pas baigner dedans tellement cette veine underground était répandue à New-York. Cette ville a une histoire clubbing incroyable, elle est incontournable. En y grandissant, c'est diificile d'échapper à ces tendances underground mais, en ce qui me concerne, je ne voyais pas comment m'approprier ce style, jusqu'à ce que la fusion entre la House et la Pop ne devienne finalement une évidence. C'est cette fusion entre les deux mondes underground et pop qui m'a permis de me projeter et d'écrire des chansons "EDM"...

Je n'ai jamais aimé ma voix. A partir de là, c'est incroyable de voir que j'ai été invité à chanter sur tant de morceaux...

Est-ce que ce n'est pas un peu frustrant de collaborer avec certains DJ's à distance ? J'imagine que tu préfères partager le studio avec eux ? 

Pas toujours, chaque chanson est le fruit d'un process différent. La plupart du temps, quand j'écris les paroles et la mélodie, j'aime vivre avec, prendre le temps de l'écouter dans plusieurs situations. J'aime être seul quand j'enregistre mes parties vocales, puis je préfère les garder pour moi pendant un moment. D'un autre côté, ça me plaît également de me poser en studio avec des mecs comme Tiësto ou Zedd. Avec Zedd, c'était tellement naturel, nous étions fans l'un de l'autre, nous avions chacun hâte de travailler ensemble et ça a été super de passer du temps en studio. Je n'aime pas rentrer dans quelconque routine. Je préfère laisser place à la spontanéité. Je voyage beaucoup, et j'adore quand un morceau y trouve sa source.

Tu es maintenant un chanteur/auteur compositeur et DJ reconnu, tu dois donc souvent être sollicité par d'autres artistes pour leur écrire des morceaux et chanter pour eux. Comment gères-tu cela ? Sur quels critères te bases-tu pour accepter ou refuser ?

Déjà, je ne travaille que sur ce qui me plaît, il faut que j'accroche tout de suite. Je sais dès les premières secondes si je suis inspiré ou non. Vu que je suis très sollicité, je dois vraiment être conquis pour accepter ou bien il faut que je puisse offrir une nouvelle facette de moi. Travailler avec Steve Aoki a été une nouvelle expérience dans le sens où nous avons créé un son différent de ce que j'avais fait avec Zedd ou Alesso. J'essaye d'aller vers des choses que je n'ai jamais faites avant.  Je ne dirais pas non plus que je suis du genre à décliner en série, je garde souvent ce qu'on me propose dans un petit coin de la tête, je ré-écoute et l'inspiration peut toujours arriver. On ne sait jamais...

Après toutes ces collaborations, penses-tu à développer ta carrière solo ?

Oui bien sûr, je viens juste de terminer mon disque. J'y ai travaillé très dur et je me suis senti poussé par la fan base que j'ai pu me construire au fil de mes collaborations. Je suis sûr que mon album plaira à mes fans. 

J'ai pu voir que tu avais environ 120000 followers sur Twitter...

C'est un nombre vraiment impressionnant comparé à l'année dernière et c'est assez dingue de voir à quelle vitesse ça augmente. Il y a aussi beaucoup de personnes qui commentent mes morceaux et mes textes, ça me fascine. Observer la réaction des gens face à mon travail, être témoin de tous ces messages sur les réseaux sociaux, ça a renforcé ma confiance en moi et je me sens vraiment prêt à sortir mon propre album.

Es-tu du genre hyper-actif sur les réseaux sociaux ?

J'essaye de tout gérer mais j'ai un emploi du temps tellement chargé que je ne veux pas non plus faire ça de manière trop blasée. Je ne suis donc pas du genre à tweeter ce que je mange et ce que j'écoute. Je ne veux pas être hyper-actif une semaine et donner l'impression d'être déconnecté la semaine suivante. Je mise donc sur la régularité de mes posts et essaye d'être le plus intéressant possible. 

DJ Shadow fut le point de départ de mon éducation musicale en matière d'électro.

Revenons sur ton album à venir, peux-tu nous en dire un peu plus ?

L'album est presque terminé et je pense que les gens qui ont découvert ma voix et mes textes vont faire directement le lien entre mes différentes collaborations et ce disque. Cet album gravite dans un univers électronique mais il a été composé de mon point de vue de chanteur/auteur/compositeur. J'ai travaillé avec Arty sur quelques morceaux et aussi avec un jeune talent qui s'appelle Michael Brun. Ils ont co-produit quelques morceaux de cet album et nous avons développé quelque chose de nouveau, que j'ai hâte de faire découvrir au public. J'ai écrit, produit et chanté la plupart de l'album et j'ai invité quelques amis sur certains morceaux.

Selon toi, à quoi doit ressembler un bon morceau Dance vocal ?  

J'adore les mots et les mélodies, donc pour moi une chanson doit avoir un sens avant même qu'elle ne soit produite et habillée par les parties instrumentales. Je suis également inspiré par les voix à timbre particulier, c'est la raison pour laquelle je suis persuadé que le remix de 'Summertime Sadness' a aussi bien marché. Lana Del Rey a une voix tellement belle et tellement différente, avec une vraie qualité d'écriture. Pour moi, l'idéal est de pouvoir associer une voix hors norme à une rythmique dansante. 

On te surnomme déjà LA voix de l'EDM, qu'en penses-tu ?

J'en suis extrêmement flatté. C'est bizarre car je ne me voyais pas comme un chanteur. J'ai toujours privilégié l'écriture à l'interprétation, alors découvrir les premiers commentaires sur ma voix était quelque chose de plutôt gênant. Je n'ai jamais aimé ma voix. A partir de là, c'est incroyable de voir que j'ai été invité à chanter sur tant de morceaux, dans des univers musicaux différents, et qu'on me considère comme l'un des meilleurs de ma génération. C'est génial d'avoir autant de fans qui connaissent toutes mes chansons par coeur et qui me remercient de les avoir touchés. Je ne pense pas me cantonner à l'EDM et devenir un objet de consommation. Sur mon chemin, je compte bien me laisser aller à plusieurs styles, oser des angles différents, découvrir différentes facettes de ma personnalité. Cela ne m'intéresse pas d'être stigmatisé et je fais trop de choses différentes pour que cela arrive. Surtout, je ne suis pas du genre à faire deux fois la même chose.

Interview réalisée avec l'aide de Toni Tambourine.

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