Le Weather Festival a réintroduit l'esprit Rave à Paris | DJMAG France - Suisse - Belgique

Il n'y a pas pléthore d'événements techno et underground en France. La 2ème édition du Weather Festival a réintroduit l'esprit rave dans le cadre inédit de l'aéroport du Bourget, entre autres...

Du 6 au 9 Juin se déroulait l’événement majeur du mois de Juin pour les amateurs de Techno, le Weather Festival. Dispersé sur trois lieux, l’Institut du Monde Arabe (dirigé par un grand fan de techno - Jack Lang), l’aéroport du Bourget et l’Ile Seguin, le festival a réuni un peu plus de 35000 personnes, dont beaucoup de connaisseurs...

Nous étions présents lors du Main Event à l’aéroport du Bourget. Le lieu est plutôt inattendu pour un tel événement. Mais après une première édition plutôt décriée par le public, il fallait frapper fort. Et il faut dire que le cadre a tout de suite donné un cachet supplémentaire à l’événement. Faire la fête entre l’Air Force One de Barack Obama et une fusée, ça n’arrive pas tous les jours. Les organisateurs annonçaient un événement exceptionnel, et la promesse a été largement tenue.  

Au niveau du line-up, il était difficile de faire mieux. La programmation était très diversifiée et pouvait compter sur des références telles que Derrick May, Chris LiebingBen Klock, Marcel Dettmann ou Len Faki. Plus de 150 artistes étaient présents sur les 4 jours du festival. Avec 4 scènes (Printemps, Eté, Automne, Hiver), toutes bien équipées - que ce soit au niveau son ou lumières - et bien décorées, le choix était parfois bien difficile.  

D'autant plus que le soleil était rayonnant, ce qui a donné un cachet savoureux à l'événement, organisé partiellement en plein air, à même les tarmacs. Les premiers festivaliers ne se sont donc pas faits prier pour squatter les scènes extérieures (Printemps et Eté). Et très honnêtement, du côté de la scène été, on s'est régalé, sur des sets très groovy, mêlant Funk et Disco, distillés avec amour par des artistes de grand talent, à l'image de Motor City Drum Ensemble. Face à cette musicalité haut de gamme, on éprouvait un réel bonheur à danser avec ce beau temps. La bonne humeur transpirait tout autour de nous, ce qui donnait de vraies bonnes sensations.  

Au fil de la journée, l’espace n'a cessé de se remplir, sans ne jamais saturer. L'immensité des lieux (25000m2) a été un vrai avantage en ce sens. Et il faut dire qu'on se sentait très libre de flâner dans les larges espaces libres entre les scènes. Ricardo Villalobos est apparu au coucher de soleil, ravissant ses fidèles aficionados, nombreux à Paris comme dans toutes les capitales à l'héritage techno tenace. 

Car il faut le dire, ce Weather Festival a ravivé la flamme Techno et l'esprit Rave d'antan. Celui que les organisateurs ont connu il y a une vingtaine d'années, celui que le public de la première vague techno embrasse encore aujourd'hui avec conviction. Cet esprit de liberté qui semble faire défaut aux nouveaux festivals et aux nouvelles scènes musicales. D'ailleurs, bon nombre des artistes présents au Weather Festival sont eux aussi les héritiers d'une culture techno dont ils sont les fidèles serviteurs depuis longtemps. La plupart des têtes d'affiche de ce Weather Festival ne pouvaient prétendre se cacher derrière leur e-reputation ou leur expertise en marketing viral. Non, ce festival Weather revenait aux sources, dans un lieu atypique, conquis par des hordes de danseurs inépuisables et animés par le sens de la communion autour des beats parfois crus, ponctués d'envolées lyriques à même d'illuminer les visages de sourires et de larmes. 

Dans le gigantesque hangar, la scène Printemps, large de plusieurs mètres, bénéficiait d’un mapping vidéo du plus bel effet. Accueillant des artistes comme Ben Klock et Marcel Dettmann, cette scène a fait battre le coeur de plusieurs milliers de festivaliers déchaînés. Ces 2 artistes ont marqué les esprits de par leurs sets percutants et énergiques. Malgré un petit problème technique (dû à un festivalier qui avait décidé d’aller se percher sur une barre d’accroche plusieurs mètres au-dessus du sol) lors du passage de Marcel Dettmann, il y avait une vraie vibe sur cette stage. Et quand l'heure du closing a sonné, avec le légendaire Derrick May aux platines, l'effervescence était palpable. 

Sur la scène Hiver, tous les festivaliers attendaient avec impatience les sets de Len Faki et Chris Liebing, qui a littéralement enflammé la foule grâce à son Live mix impeccable. Entièrement habillée de panneaux LED, cette scène traduisait le soin apporté par les organisateurs pour être en phase avec les exigences technologiques d'une rave d'aujourd'hui.. Et il était difficile d’être déçu par l’énergie de la Techno tout de même un peu froide distillée par Len Faki.  

Malgré des prix un peu élevés au niveau des boissons (9,5€ la pinte de bière), l’organisation était très pro. Pas un couac à noter. Grâce à son line-up de haut niveau et à des scènes particulièrement attirantes, le public a su ajouter la touche de bonne ambiance qu’il fallait pour un événement parfait, bien aidé par la météo rayonnante. Si rare en France, ce genre de festivals 100% underground, pour passionnés avisés, a confirmé le retour d'un vrai esprit de fête à Paris !

Photos : Léo Godefroy, Sébastien Sanchez

 

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