Ben Turner, tête pensante de l'IMS Ibiza... | DJMAG France - Suisse - Belgique

La tête pensante de l'IMS, Ben Turner, a répondu à nos questions. Il nous parle de l'édition 2014 et des nouveaux enjeux en terme de business...

L'International Music Summit se déroulera à Ibiza du 21 au 23 Mai. Au programme, de nombreuses conférences, des débats passionnés entre artistes influents et un parterre de professionnels de l'industrie tous ravis de pouvoir échanger sur leur business. Après plusieurs années au Gran Hotel, l'IMS inaugurera le tout nouveau Hard Rock Ibiza Hotel, situé du côté d'En Bossa, le nouveau centre névralgique de l'île référence des clubbers et des DJ's... A quelques jours de cette édition 2014, nous avons discuté avec Ben Turner, la tête pensante de ce nouveau rendez-vous phare de l'industrie musicale électronique. 

Nous sommes donc là pour mettre sur la table des solutions et faire en sorte que tout le monde ait sa part du gâteau au sein de notre "éco-système".

Ben, voilà 6 ans que l'IMS ouvre la saison à Ibiza. Es-tu content de la tournure que la conférence a pris, vos objectifs de départ sont-il atteints ?

Oui, nous sommes entrés dans l'an 7 de l'IMS et on s'améliore constamment. Je ne parle pas que de l'IMS mais de notre industrie en général. Pour notre première édition, le slogan était "Back to business", avec des conférences organisées dans l'espoir que les professionnels du secteur échangent enfin leur points de vue et ouvrent de nouvelles perspectives. On voulait réveiller l'industrie, qui se reposait trop sur ses lauriers et se renfermait sur elle-même, sous un certain fatalisme. Depuis, le soleil brille fort pour certains mais d'autres, les labels indépendants notamment, peinent encore à trouver le bon modèle économique. Nous sommes donc là pour mettre sur la table des solutions et faire en sorte que tout le monde ait sa part du gâteau au sein de notre "éco-système".

Dès le départ, vous avez limité votre événement à un nombre limité de personnes, ce qui lui a donné un côté "VIP". Est-ce que c'était le bon choix ? Quels sont les profils de visiteurs que vous accueillez le plus à l'IMS ?

Nous voulions de l'intimité et du professionnalisme comme nous l'avions connu à Miami à la belle époque de la WMC. Nous nous sommes donc avant tout tournés vers les leaders et les entrepreneurs les plus influents, même si nous n'avons pas cherché à devenir sectaires. L'IMS a été conçu comme un moyen d'insertion. Nous sommes partis de loin et avons parcouru du chemin car aujourd'hui notre rendez-vous est attendu par les professionnels, qui en ont tous, à leur manière, tiré profit. Ils en parlent entre eux toute l'année et sont heureux de se retrouver à Ibiza. Nous ne sommes pas un rendez-vous VIP. Nous accueillons des profils de visiteurs très variés, que ce soit des capitaines d'industrie, des petites structures, des visionnaires ou des artistes.

IMS ne se limite plus à Ibiza. Vous organisez aussi en amont un événement "IMS Engage" à Los Angeles. Pourquoi ? 

Je voulais que l'IMS touche le sol américain pour que l'incroyable business qui s'y réalise soit en phase avec la vision des choses telles que nous les concevons à travers notre conférence. L'an dernier, l'Ace Hotel nous a proposé de mettre en place un dîner en marge de Coachella et ça a été un franc succès. Nous avons donc reconduit l'événement, tout en le transférant à L.A car notre industrie y est maintenant très implantée. Beaucoup de choses se passent à Los Angeles maintenant en terme de business, ce qui nous a donné envie de créer ce format "Engage" pour donner une parole libre et non modérée à des protagonistes tels que Moby et David Lynch...

Depuis 2010, les USA sont devenues incontournables dans l'industrie des musiques électroniques. Est-ce que cela signifie que notre bonne vieille Europe est hors service ? 

Non, pas du tout. Certes, il y a un nouvel équilibre géographique mais Ibiza, Berlin, Barcelone, Amsterdam et Londres sont loin d'être à la ramasse. L'excitation autour des Etats-Unis est imposante car elle s'opère en parallèle de l'émergence d'une nouvelle génération de fans, ce qui rend le phénomène encore plus massif. Et les TV américaines, les producteurs de films et les concepteurs de jeux vidéos se sont aussi emparés de ce récent engouement, ce qui a accéléré le processus en terme de business.

Vous avez décidé de quitter le Gran Hotel cette année. Faut-il y voir un simple détail ou une volonté de changement ?

Nous avions besoin de changer d'air. L'Ibiza Gran Hotel a été une merveilleuse maison pour nous. Nous voulions juste rafraîchir l'expérience en nous déplaçant jusqu'à Playa den Bossa, qui est devenu l'endroit où il y a le plus de business sur l'île. Avec une superbe plage à proximité, les participants à l'IMS seront d'autant plus comblés. Et puis on parle de l'Hard Rock Hotel. Je suis fier de voir une institution comme ça succomber à l'électro, à Ibiza qui plus est... C'est un symbole fort ! Le petit plus sera le Wifi, qui a l'air de parfaitement bien fonctionner...

Vous conservez la scène de Dalt Vila malgré tout, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les festivités de cette année ? 

Nous aurons deux nuits à Dalt Vila, avec comme moment clé, un vibrant hommage à Frankie Knuckles de la part de David Morales, Hector Romero et Pete Tong. Le fondateur de Def Mix, Judy Weinstein sera aussi présent et ça risque d'être très émouvant. Ensuite, nous aurons de nombreux DJ sets : Annie Mac, Steve Angello, Pretty Lights, Jamie Jones, Seth Troxler... Côté Live, il y aura Rage on Gold et le duo Bob Moses, qui me rappelle Underworld il y a 20 ans de ça...

Tu connais Ibiza comme ta poche. Comment sens-tu la saison 2014, des tendances, des changements ?

Je crois que nous sommes sur une année de stabilisation après le bordel de l'an dernier, où tout le monde voulait jouer partout et changer de lieu de résidence. Cette saison, tout sera mieux cadré à mon avis et je crois que le Sankeys va franchir un nouveau cap. Les soirées Enter et Music On seront les attractions underground les plus intéressantes, même si l'union de Cocoon et de Luciano me réjouit. Et Circo Loco sera encore là pour jouer avec nos nerfs. Vite, que la saison commence !

Commentaires