Interview : Klingande | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le producteur français revient sur son dernier single ‘Eye Of The Storm’, son expérience des shows virtuels et ses nouvelles aspirations musicales.

Que de chemin parcouru par Klingande. Depuis l’incroyable succès du tube ‘Jubel’ en 2013, le DJ et producteur s’est imposé parmi les artistes électroniques français les plus demandés au monde. Toujours prêt à se renouveler (sans pour autant perdre ce qui fait son identité), Klingande a continué sa route à coup de singles remarqués et de performances sur les scènes des plus grands festivals. Loin de baisser le rythme, le Français a profité des confinements successifs pour retourner en studio et faire le plein de nouveaux morceaux. En résulte notamment le surprenant ‘Eye Of The Storm’ sortie il y a quelques semaines sur Ultra Music. Klingande nous dit tout sur ce titre signé en collaboration avec le duo Pool Blue.

Comment est né ton nouveau single ‘Eye Of The Storm’ ?

J’ai reçu la topline par mon label. Ce n’était pas un morceau très dansant donc au début je ne savais pas trop sur quel angle le faire. Mais je me suis dit que c’était le moyen d’expérimenter quelque chose d’autre, quelque chose d’un peu plus calme et chill. Je ne me ferme jamais de portes dans ma musique, dès qu’il y a une vibe qui me plait je le fais. Et je suis super content du résultat à la fin, le morceau est super facile à écouter tout en sonnant différemment.

Est-ce que c’est aussi ton label qui t’a mis en contact avec Pool Blue ?

Je ne sais plus si c’est le label ou mon édition mais oui on m’a proposé de faire cette collaboration. En temps normal je fais souvent mes collabs avec des artistes que je connais ou avec qui on a été en studio. Mais cette fois-ci tout a été fait un peu différemment. Comme je le disais, je ne suis fermé à rien et tant que le morceau me plait je peux collaborer avec tout le monde.

Ce morceau arrive après toute cette période marquée par la crise sanitaire, les différents confinements, etc. Est-ce que ça a été facile pour toi de rester productif avec tout ce qui se passait dans le monde ?

Oui j’ai fait beaucoup de musique. Je me suis dis que ce serait le seul moment dans ma vie où j’aurai autant de temps pour pouvoir encore approfondir mes connaissances en production, etc. Donc j’ai passé beaucoup de temps en studio et j’ai beaucoup expérimenté. J’ai un peu dessiné ce que j’allais pouvoir sortir sur cette année et celle qui arrive. Je vais vraiment essayer de sortir plus de morceaux qu’à l’accoutumé. Normalement je sors un morceau tous les trois ou quatre mois et là j’aimerai bien faire quelque chose tous les deux mois maximum. Je vais aussi expérimenter des sons un peu plus club, qui tapent un peu plus. Je vais alterner un son club, un son radio, etc.

C’est important pour toi de continuer à expérimenter et de toujours réussir à te renouveler ?

Oui totalement. Depuis que j’ai commencé je n’ai jamais cherché à prendre une recette qui marchait et à l’exploiter jusqu’à la fin. Même à l’époque quand j’ai fait ‘Jubel’, directement après j’ai fait un morceau sans saxophone. Je n’ai pas cherché à enfoncer le clou. Je veux toujours rester frais dans ma musique et essayer de nouveaux challenges. C’est ce qui est le plus intéressant quand on est en studio, ne pas rester dans sa zone de confort. Dès qu’il y a quelque chose qui sonne un peu différemment, je suis tout de suite prêt à expérimenter.

Comment trouves-tu l’équilibre entre cette volonté d’expérimenter et le fait d’avoir ta propre identité musicale mais aussi de gérer les attentes du public ?

Ça a toujours été la grande question. Quand j’ai fait ‘Jubel’, j’avais un autre morceau au saxo qui aurait été parfait pour suivre mais comme je le disais, j’ai préféré sortir un morceau différent. Je me suis toujours dis que si la musique que je sors me plait, les fans suivront. Donc je ne veux pas me forcer à faire ça ou ça en fonction de leurs attentes. Je pense que c’est se tromper de manière de faire. Après j’essaie tout de même de rester dans mon univers. J’ai toujours des instruments acoustiques dans ma musique, je ne suis jamais trop électro, etc. J’ai mes codes mais pour autant je ne suis pas bloqué sur un BPM ou une certaine énergie.

Pendant cette période de confinement, tu t’es essayé aux shows virtuels avec notamment une participation à l’évènement Tomorrowland Around The World. Est-ce que ça a été un exercice facile à appréhender ?

C’était comme jouer dans son salon, sans spectateur mais avec juste des techniciens devant soi. On a aucun retour donc il faut vraiment s’imaginer qu’il y a une foule devant soi. C’était spécial mais à l’époque on n’avait pas le choix (rires). Je pense tout de même que c’est un concept intéressant à l’avenir. Il faudra surement bosser encore plus et pouvoir rentrer dans un univers avec un avatar, etc. mais le concept est super cool. Ça permet de partager sa musique directement avec des gens du monde entier.

Après les shows virtuels, cet été on a enfin pu retrouver de ‘vrais’ shows en physique et avec du public. Est-ce que tu étais stressé à l’idée de remonter sur scène après une aussi longue pause ?

Oui obligatoirement. Moi je suis habitué à jouer tous les week-ends et là à part quelques mixes je n’avais pas du tout retouché les platines. Il y a quand même une année qui s’était passée donc je craignais aussi l’attente des gens. Est-ce que certains morceaux allaient moins bien marcher ? forcément on était un peu perdu, on n’avait plus nos repères. Donc oui j’avais du stress mais finalement les gens étaient plus chauds que d’habitude et tout s’est bien passé.

Est-ce que le fait d’être aussi longtemps à l’arrêt, de pouvoir profiter d’être chez soi, t’a amené à prendre du recul sur ta façon d’aborder ta musique et ton rythme de vie vis-à-vis des tournées ?

Moi j’avais déjà commencé à réduire le rythme il y a deux ou trois ans. J’avais dit à mes équipes que je ne voulais plus de tournées avec beaucoup trop de dates. Ou sinon je veux tourner plus intelligemment avec une tournée qui fait sens et des destinations qui sont proches. Donc mon agenda était déjà plus léger. C’est sûr qu’on apprécie le temps et c’est agréable d’être chez soi mais c’est vrai aussi que j’avais hâte de reprendre la route. Il faut juste trouver le bon équilibre.

Quelle est la suite pour toi maintenant ?

J’ai une collaboration un peu plus club qui devrait sortir en janvier et après des singles tous les deux mois donc surement le prochain single en février.

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