Interview : Jauz | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le producteur américain nous livre les secrets de son dernier single ‘Make It Good’ et revient sur son année 2021 particulièrement dense.

A coup de hits incontournables (‘Feel The Volume’, ‘Rock The Party’, etc.) et de passages remarqués par les plus grands festivals au monde (Tomorrowland, Ultra Music Festival, etc.), Jauz s’impose depuis quelques années comme l’un des nouveaux fers de lance de la scène électronique américaine. Continuant à évoluer entre EDM, bass music et trap électronique, l’artiste dévoilait il y a quelques semaines l’explosif ‘Make It Good’. Un nouveau single taillé pour les dancefloors et qui n’est pas sans rappeler le style si incisif auquel Jauz nous avait habitués avec ses premiers succès. Le producteur revient pour nous sur la genèse de ce titre, son processus créatif et ses nombreux projets à venir.

Quel a été le point de départ de ton dernier single ‘Make It Good’ ?

Un groupe d’auteurs-compositeurs m’a envoyé l’idée originale de ‘Make It Good’ avec la voix et une idée d’où le morceau pourrait aller. J’ai tout de suite adoré l’énergie et la direction que le titre allait prendre et je me suis un peu laissé porté par ça. J’ai réécrit à peut près tout le truc de la façon dont je l’entendais dans ma tête et tout s’est passé très rapidement.

Quand tu as composé ce morceau, est-ce que tu avais des inspirations spécifiques en tête ?

Curieusement l’inspiration principale pour ‘Make It Good’ était ma musique plus ancienne. Pendant longtemps j’ai vraiment voulu comprendre comment prendre ce son « Jauz à l’ancienne » et l’amener de nos jours avec ce que je sais sur la musique maintenant. C’était l’un des premiers morceaux que j’ai faits avec ça à l’esprit et ça a donné presque exactement ce que j’avais espéré. Mais en général j’essaie vraiment d’éviter d’écouter ce qui se passe dans la dance music pour que cela ne m’influence pas trop. Je m’en tiens généralement à écouter de la musique en dehors de mon propre espace, que ce soient des groupes de rock/metal comme Architects et Bring Me The Horizon ou des trucs comme Rufus Du Sol, Ben Böhmer, etc.

Dans ta carrière tu as déjà eu de nombreux tubes. Est-ce que maintenant quand tu es en studio tu arrives à sentir si un morceau a le potentiel pour devenir un hit ?

Je crois que j’ai écris tout ‘Make It Good’ en seulement quelques heures, ce qui est généralement ma façon de savoir qu’un morceau va être spécial. D’habitude, s’il me faut plus d’un jour ou eux pour écrire un tire, je le jette ou je ne travaille plus dessus pendant trois ou quatre mois parce que je sais que ça ne donnera pas quelque chose de bien. ‘Feel The Volume’, ‘Rock The Party’, ‘Alpha’, ‘Make It Good’, etc., la plupart des morceaux qui ont bien marché pour moi ont été écrits en moins d’une journée.

En parlant de tes hits, comment gères-tu le stress que peut amener le succès et cette pression à toujours devoir enchainer les tubes ou à faire toujours mieux que le single précédent ?

La pression est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Si tu n’as pas de pression tu deviens paresseux et avant que tu ne t’en rendes compte ta carrière est terminée. De l’autre côté, trop de pression t’amène à prévoir tout ce que tu vas faire – ce qui est très mauvais pour ton processus créatif. Au fil des ans j’ai fait de mon mieux pour apprendre à éteindre mon cerveau lorsque je suis en studio et à faire ce qui me plait avant tout. Mais ce n’est pas si facile, il y a des bons et des mauvais moments et tout dépend de la façon dont tu te sorts de ces mauvais moments.

Tu parlais de faire ce qu’il te plait avant tout. Est-ce que lors que tu produis ta musique tu prends tout de même en compte des avis extérieurs ? Et si oui, est-ce qu’il y a des avis qui comptent d’avantage pour toi ?

A l’époque où j’allais à l’école à Icon et que je vivais avec tout un groupe de producteurs, nous partagions toujours sur quoi nous travaillions les uns avec les autres et nous nous faisions mutuellement des commentaires. Une fois que ma femme et moi avons emménagé ensemble, ce n’était évidemment plus aussi facile d’obtenir ce genre de commentaires. Mais j’ai presque toujours des amis en studio avec moi avec qui je peux rebondir sur mes idées. L’une de ces personnes qui était la plus importante pour moi était Garett, plus connu sous le nom de i_o. Il a travaillé en studio avec moi pratiquement tous les jours pendant des années. Il m’a accompagné sur tout le processus d’écriture de ‘The Wise and the Wicked’ et m’a vraiment aidé à terminer cet album. Une chose que je n'ai pas réalisé quand il est décédé, c’est non seulement à quel point il était difficile de perdre l’un de mes meilleurs amis, mais aussi à quel point il serait difficile de ne plus avoir ce soutien avec moi tous les jours. C’était la seule personne sur qui je pouvais toujours compter dans la musique et dans la vie et ça a été un processus d’adaptation très difficile d’apprendre à écrire de la musique à nouveau sans lui ici.

Cet été tu es retourné sur scène avec des apparitions dans de nombreux festivals. Comment se sont passées tes retrouvailles avec le public ?

Je crois que tout le monde pensait qu’il y aurait un grand moment épique du style « J’ai pleuré sur scène » mais pour moi, c’était un peu comme remonter sur un vélo après ne pas avoir roulé pendant longtemps. Les premiers moments étaient vraiment du genre « woah putain on refait ça à nouveau » mais après un ou deux titres, j’avais l’impression que le temps ne s’était pas écoulé.

Est-ce que tu étais stressé à l’idée de remonter sur scène ?

La seule chose qui m’a vraiment stressé c’était que je ne savais pas quelle musique jouer. Cela faisait si longtemps, je ne savais plus lequel de mes morceaux les gens voulaient entendre, si certains des titres que je jouais encore dans mes sets étaient dépassés maintenant, etc. Mais après beaucoup de stress à ce sujet, je me suis souvenu que j’aimais faire ces shows parce que j’aimais jouer de la musique. Alors c’est ce que j’ai fait. J’ai joué autant de ma musique que je le pouvais mais aussi une tonne de musique que nous avions sortie sur mon label Bite This. Maintenant mes sets sont à 90, 95% composés de ma musique et de sorties de mon label, c’est un objectif que j’avais depuis longtemps et ça fait vraiment du bien de l’avoir atteint.

Tu évoques ton label Bite This. Cet été tu as également fêté sa centième sortie avec une compilation XXL. Qu’as-tu ressenti en dépassant cette barre symbolique des 100 sorties ?

C’est assez incroyable de penser qu’on a dépassé la barre des 100 sorties. Posséder un label était un de mes rêves et objectifs depuis que j’ai commencé le projet Jauz et le voir grandir autant a été vraiment incroyable. Mon objectif avec Bite This n’a jamais été d’en faire le plus grand label au monde mais juste de sortir de la musique en laquelle nous croyons et de le laisser grandir naturellement. Quelques années plus tard, nous avons pu sortir de la musique avant tant d’artistes différents mais surtout nous avons pu montrer que quelqu’un croit en eux. C’est encore le tout début pour nous et nous avons beaucoup de grands projets d’ici notre 200e sortie. Je suis impatient de voir où nous en serons une fois que nous aurons franchi cette prochaine étape.

DJ, producteur, patron de ton propre label, tu as également lancé cette année ta propre cryptomonnaie. Est-ce qu’il y a encore des domaines ou des activités que tu aimerais explorer dans les années à venir ?

Je pense que c’est mon plus gros problème, il y a tellement de choses que je veux faire et j’ai à peine assez de temps pour me concentrer sur ma musique (rires). Mais oui j’ai tellement de rêves. Démarrer un groupe de rock, allez plus loin dans le streetwear, associer mes passions pour la dance music et les sports extrêmes, ouvrir un restaurant. J’espère que tôt ou tard je pourrai en faire une réalité mais il va falloir être patient !

En attendant de voir ces nombreux projets se réaliser, quelle est la suite pour toi maintenant ?

‘Make It Good’ et mon remix pour Nessa Barrett sont mes dernières sorties en 2021. Mais nous en avons déjà une tonne prevue pour début 2022. Je suis super excité de voir le monde vraiment revenir à la vie et j’ai le sentiment que l’année prochaine sera quelque chose de vraiment spécial pour moi et pour mes fans. Mais vous devrez attendre pour en savoir plus :)

Articles en relation

Artistes en relation

Commentaires