Interview : ATB | DJMAG France - Suisse - Belgique

Après le succès de ‘Your Love (9PM)’ en début d’année, le producteur nous dit tout sur son nouveau single ‘Like That’.

Visage familier des amateurs de musiques électroniques et grand habitué du Top100DJs, ATB n’a pas fini de nous surprendre. Après plus de 30 ans d’une carrière déjà bien fournie en tubes culte et en shows d’exception, le DJ et producteur a fait un retour en force en début d’année avec ‘Your Love (9PM)’. Signée aux côtés de Topic, cette relecture de son tube ‘9PM (Till I Come)’ sorti en 1998 a affolé les compteurs d’écoutes et résume à merveille sa philosophie : continuer à évoluer à travers le temps tout en restant fidèle à ce qui fait son identité musicale. Quelques mois après le raz-de-marée ‘Your Love (9PM)’, le voici désormais prêt à passer à la suite avec un nouveau single, ‘Like That’, porté par la voix de Ben Samama.

Quel a été le point de départ de ton nouveau single ‘Like That’ ?

Le besoin d’avoir un nouveau morceau (rires). J’avais déjà cette musique que j’avais faite en studio. Je l’ai envoyée à plusieurs auteurs et j’ai reçu cette partition vocale faite par Ben Samama, un auteur-compositeur de Los Angeles. Il voulait juste écrire la chanson mais moi j’ai vraiment voulu travailler avec lui en tant que chanteur. J’ai essayé sa partition vocale avec d’autres chanteurs et je n’arrivais pas à retrouver le même effet que lors qu’il chantait lui. Donc on a fait le morceau avec sa voix et tout le monde a adoré.

En plus de sortir ‘Like That’, cet été tu as également fait ton retour sur scène après une longue pause forcée. Comment se sont passés tes retrouvailles avec le public ?

C’était assez difficile après un an à la maison à regarder Netflix et la télévision (rires). Mais pour être honnête cela me manquait vraiment de ne plus être sur scène. Cela faisait 30 ans que j’étais sans interruption sur les routes, que ce soit sur un dancefloor ou la scène d’un grand festival. Et soudainement je ne pouvais plus travailler. En tant qu’artiste, le public nous manque. Surtout que je n’aurai jamais pu imaginer que l’on serait privé de scène pendant aussi longtemps. Mais maintenant j’ai l’impression que l’on arrive à la fin de tout ça. Il y a de plus en plus de pays où cela reprend tout doucement et ça me rend très heureux de voir que les choses redeviennent plus « normales ».

Est-ce que tu étais stressé avant de remonter sur scène ?

La première fois que je suis retourné sur scène c’était devant un public de 5 ou 6000 personnes et je craignais d’être stressé ou nerveux. Mais dès que je suis remonté sur scène, c’est comme si rien ne s’était passé. C’était comme si j’avais quitté la scène seulement depuis un jour.

Est-ce que les différents confinements et toute cette période si spéciale t’ont amené à t’interroger et à remettre en question des choses dans ton rapport à la scène ou à la musique ?

J’ai surtout pu voir à quel point tout ça était fragile. Personne ne pouvait imaginer qu’une chose comme ça se produirait et que l’on ne pourrait même plus sortir de chez soi. C’est complètement fou. Je me suis demandé ce qui se passerait si nous n’étions pas capables de trouver une solution, un vaccin, et que l’on se retrouvait à ne pas pouvoir remonter sur scène. C’était assez terrifiant d’imaginer tout ça. Mais d’un point de vue musical, rien n’a changé. J’ai même pu passer plus de temps en studio.

Ce n’était pas trop difficile de produire de la dance music dans un contexte où personne ne pouvait sortir et aller danser ?

Oui totalement. C’est d’ailleurs peut être pourquoi j’ai aussi travaillé sur des choses plus pensées pour les radios. ‘Like That’ ou ‘Your Love (9PM)’ ont plus été pensées pour les radios, on ne peut pas vraiment danser dessus. Donc oui c’est difficile de faire de la dance music sans dancefloor.

Tu évoques ‘Your Love (9PM)’ qui est une relecture de ton hit ‘9PM (Till I Come)’ sorti en 1998. Beaucoup de jeunes auditeurs t’ont découvert cette année avec ce nouveau morceau. Que ressent-on à voir cette nouvelle génération, et même des personnes qui n’étaient pas nées au moment de la sortie de ‘9PM (Till I Come)’, se réapproprier plus de 20 ans plus tard ce titre et continuer à l’apprécier ?

C’était le plan que j’avais prévu, je voulais ramener cette mélodie pour la nouvelle génération. La mélodie de ‘9PM (Till I Come)’ a quelque chose d’intemporel, je l’ai entendue des millions de fois mais je ne m’en lasse toujours pas. Mais déjà avant ‘Your Love (9PM)’, beaucoup de jeunes en festival continuaient à apprécier ‘9PM (Till I Come)’. Pour certains ils ont même été introduits à cette musique par leurs parents, c’est assez fou. Donc je suis assez heureux et fier que les choses se passent comment ça après plus de 30 ans de carrière.

Avec le recul, comment tu expliques l’incroyable succès de ‘9PM (Till I Come)’, et maintenant de ‘Your Love (9PM)’ ?

Pour moi c’est la mélodie. C’est quelque chose d’assez unique cette mélodie combinée avec ce son de guitare. Personne d’autre n’avait fait quelque chose comme ça et personne ne l’a copiée ensuite parce que tout de suite on aurait pensé à ‘9PM (Till I Come)’. Cette mélodie avait quelque chose de magique. Je l’ai jouée et il s’est passé ce qui s’est passé. C’est le genre de chose qui arrive une fois dans la vie d’un artiste et je suis très fier d’avoir pu vivre ça avec ce morceau.

Tu le disais, tu as désormais plus de 30 ans de carrière dans la musique électronique. De ton point de vue, qu’est-ce qui a le plus changé depuis tes débuts ?

Ce qui est bien avec la musique électronique c’est qu’elle ne fait que changer. Elle va être à un moment plus rapide puis plus lente, plus mélodique, plus housy, plus groovy. Tout le monde cherche ce que sera la prochaine tendance mais tous ceux qui essaient de suivre la dernière tendance n’y arrivent pas parce qu’il y a déjà quelque chose de nouveau qui est arrivé. On ne peut pas aller en studio en essayant de créer ce qui sera la prochaine mode à suivre, ce sont les gens qui décident. C’est ce que j’ai appris en 30 ans, les modes apparaissent soudainement, personnes ne les prévoient. Et c’est aussi ce qui rend la musique électronique si intéressante, tout est en perpétuelle évolution.

Est-ce que justement il y a eu des périodes où tu ne te reconnaissais pas dans le son qui était à la mode ?

Pour être honnête cela m’arrive très souvent. Surtout avec cette période où la musique de festival était essentiellement de l’EDM et tout avait tendance à se ressembler, on ne pouvait parfois même pas reconnaitre les DJs parce que tout le monde jouait la même chose. C’est le genre de moment où je n’arrivais pas à trouver ma place parce que je ne voulais pas faire ça. Mais dans ces moments je continue à faire ce que je fais et je sais qu’il y a toujours des gens qui m’apprécient. Je n’essaie pas de copier ce que les autres font, et encore plus si je n’aime pas ça.

Après toutes ces années, est-ce que tu as toujours des objectifs, des rêves à atteindre ?

Mon objectif c’est avant tout de pouvoir continuer à être là. Je veux pouvoir continuer à faire de la musique et je suis extrêmement fier après plus de 30 ans en tant que producteur, de pouvoir être toujours là et de continuer à être pertinent. On ne peut pas toujours chercher les hits. Je pense que c’est même le genre de chose qui peut rendre dépressif parce que si on a un hit et que le morceau suivant marche moins bien, on plonge dans un trou. Donc pour moi peu importe que les morceaux marchent moins bien, je fais avant tout la musique que j’aime.

Quel est la suite pour toi ?

Je travaille en ce moment sur un nouvel EP. On a beaucoup de morceaux pensés pour les radios et je voulais retourner à quelque chose de plus club. Maintenant que la fin du coronavirus semble se profiler, je suis de retour en clubs et festivals et j’adore ça. Vous pouvez donc vous attendre à des morceaux taillés pour les clubs et les festivals très prochainement. J’écris aussi beaucoup de morceaux pour mon prochain album qui j’espère sortira l’année prochaine.

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