Interview : DVBBS, le nouveau duo EDM qui fait rage ! | DJMAG France - Suisse - Belgique

DVBBS est la nouvelle fratrie sensation de l'EDM. Depuis Août 2013, les deux frères canadiens affolent les dancefloors après avoir émergé tel un vrai 'Tsunami'...

Ils ont découvert la France et ses clubs au mois de Janvier. L'occasion pour nous d'en savoir un peu plus sur le duo qui a frappé les dancefloors en 2013 avec 'Tsunami'. Nés au Canada au début des années 90, à 1 an d'intervaille, c'est dans le rock que les deux frangins se sont forgés leur culture musicale. A 23 et 24 ans, ils excellent pourtant aujourd'hui dans un tout autre registre, avec toutefois la même énergie rock. Véritable tornade, leur succès a été rapide, 'Tsunami' étant seulement leur deuxième titre sorti depuis leurs débuts de DJ-producteurs en 2012. Repérés par Sander Van Doorn, dont le label Doorn est un sous-label du géant hollandais Spinnin, les DVBBS ont ensuite enchaîné les premières places des charts avec 'Stampede' et 'Raveology'. Quant à leur 'Tsunami', plusieurs versions vocales devraient voir le jour dès le Printemps 2014, avec Tinie Tempah mais aussi, peut-être, un certain Kanye West... Interview !

Pour commencer l'interview, j'aimerais que vous nous parliez de la signification de votre pseudo. Comment doit-on le prononcer d'ailleurs ?

Chris : Alors le V se prononce comme un U. Notre pseudo est juste une contraction qui nous semblait efficace. Nous sommes deux, ce qui explique les deux B et "Dubbs" est aussi une allusion au mot "double". On a gardé le V en clin d'oeil à notre nom de famille (Van den Hoef). Notre démarche n'avait donc pas vraiment de sens comme tu le vois, c'est plus de la phonétique… 

 Cest assez drôle de voir nos fans se disputer entre eux pour savoir qui est le meilleur d'entre nous sur scène et en dehors de la scène.

Vous avez littéralement explosé en 2013 au sein de la famille EDM. Comment expliquez-vous cette ascension fulgurante ? 

Alex : Beaucoup de gens pensent que nous sommes des nouveaux venus et que tout s'est fait rapidement. Mais en coulisses, on peut t'assurer que rien n'a été rapide si on prend en compte le fait que nous faisons de la musique depuis que nous sommes ados. On a déjà tourné au Canada et en Amérique du Nord avec plusieurs groupes de rock. On prenait la route avec nos instruments et nos amplis pour se produire en concert le plus souvent possible.

Chris : Maintenant, c'est sûr que 2013 nous a révélés au niveau international et nous a affirmés dans l'EDM. Mais on a l'impression que c'est toujours un peu la routine pour nous. On a toujours eu ce rythme de vie et ce goût prononcé pour les tournées. 

Vous avez une attitude de rockeurs quand vous êtes sur scène. C'est comme ça que vous abordez le clubbing ? 

Chris : Aux Etats-Unis, le mot clubbing n'avait pas vraiment de sens avant l'explosion de l'EDM. Le clubbing rimait avec la pop et le rap, on n'avait donc pas bien de repères. C'est pour ça qu'on a gardé notre attitude de rockeurs, celle qu'on a toujours eu dans nos différents groupes. 

Alex : Du coup, on essaye de se servir de notre énergie pour rafraîchir un peu les habitudes en club et proposer quelque chose de plus fort qu'une simple performance au micro  et qu'un simple mix. On saute dans tous les sens et on essaie de partager une grosse dose d'énergie avec le public, qu'on fait participer au maximum.

Le Stagediving fait partie intégrante de vos shows. Quelle est la recette d'un bon saut ? 

Alex : (rires) Il faut éviter de sauter dans un public uniquement féminin. S'assurer aussi que les gens sont prêts à te rattraper, mais bon ça paraît assez évident comme conseil. Sinon, tu te casses le dos ! 

Chris : Tu as toujours peur que les gens te fassent une farce et s'écartent au moment du saut. C'est assez terrorisant parfois. 

Tsunami est devenu un énorme hit international.  Racontez-nous un peu comment vous avez travaillé sur ce titre et comment vous lui avez donné ce son si gras ? 

Alex : On a rencontré Borgeous à Los Angeles, notre ville de résidence. Chaque jour, on s'échangeait des sons et on essayait de trouver un label pour sortir nos démos. On a réussi à capter l'attention de Spinnin, chez qui on a sorti un premier titre avant que ne sorte le fameux 'Tsunami'. Après, c'est difficile de t'expliquer pourquoi ça sonne si gras. C'est juste que nos banques de sons sont toutes musclées, que ce soit les éléments rythmiques ou la basse. La combinaison de tous ces instruments font en sorte que ça sonne bien fat au final. 

Chris : Il y a un peu d'influences hardstyle et Trap aussi dans notre approche. 

il y a quelques années en arrière, un titre comme ça ne serait pas devenu un hit crossover… J'ai même entendu une folle rumeur disant que Kanye West avait quelques vues sur ce titre pour son prochain album ? 

Alex : Ce n'est pas tout à fait ça. On est en contact avec des rappeurs de Young Money et Lil'Wayne, qui ont déjà posé des couplets sur 'Tsunami'. On a écouté et ça sonne vraiment bien. Ils nous ont dit récemment que le morceau pourrait figurer sur l'album de Lil'Wayne, avec un couplet de Kanye West en guest. Ce n'est pas encore sûr mais si ça se fait, ce serait énorme pour nous et pour toute la famille EDM. C'est toujours un honneur d'avoir de tels rappeurs sur des titres Dance car ça élargit le public et ça rend notre musique toujours plus accessible. 

Chris : Il y a quelques années, il y avait certainement plus de frontières entre les différents genres musicaux. Ce que nous faisons est un peu nouveau maisça intéresse des mecs comme Kanye West car il y a une influence rythmique qui leur est commune à mon avis.  

L'EDM a musclé son jeu, est-ce que c'est parti pour durer ? 

Chris : C'est une tendance très forte, surtout aux Etats-Unis, où on n'est pas loin d'atteindre un premier pic de popularité. Je pense que c'est comparable au moment où le hip-hop a émergé à New York, avec des titres très musclés et agressifs qui ont conquis le monde entier. Cela a vu naître une nouvelle génération de producteurs et d'événements. Le public y a pris goût et ça a duré. 

Alex : Dans l'industrie musicale, il faut faire sa place si tu veux imposer un nouveau genre musical. Le fait que notre style soit musclé semble plaire à un grand nombre de personnes. Le sens de la fête et la danse dureront encore longtemps, évidemment. 

Vous êtes basés à L.A, pensez-vous que c'est la ville rêvée pour être DJ-producteur ? 

Chris : Il n'y a pas de ville idéale pour être DJ-producteur vu qu'on peut maintenant produire partout avec un simple ordinateur portable. Depuis n'importe quelle ville ou chambre d'hôtel. Mais si tu recherches un réseau de producteurs et de personnes influentes, Los Angeles est définitivement la ville idéale. Il y a dans cette ville une concentration d'artistes assez incroyable et ta musique peut vite se faire connaître.

Alex : Précisions aussi qu'Amsterdam est notre ville d'attache en Europe. On y retrouve la même liberté quand on sort dans les clubs.

Est-ce que c'est un avantage d'être deux sur scène ? 

Alex : Oui, c'est plus efficace ! Quand tu es seul, tu as trop de choses à gérer et tu ne peux pas être bon partout. C'est plus simple de partager les rôles sur scène car ça permet de ne pas négliger le mix ou l'animation. On peut tout faire en binôme et on y prend du plaisir.

Chris : C'est d'autant plus cool car nous sommes frères et c'est assez drôle de voir nos fans se disputer entre eux pour savoir qui est le meilleur d'entre nous sur scène et en dehors de la scène. Il n'y a aucune jalousie entre nous et ça nous amuse.

Alex : Sur scène, le fait de se donner à 100% et d'être frères, ça renforce notre plaisir et notre complicité. Il nous suffit d'un seul regard pour se comprendre. On se motive l'un l'autre et on se complète bien. 

C'est en France que nous avons eu certaines de nos meilleures dates jusque là ! 

Vous avez beaucoup tourné en France sur le mois de Janvier. Alors, votre avis sur les clubs français ? 

Alex : Franchement ça vaut largement les Etats-Unis ! Il y a plus de constance et de professionnalisme chez vous. Notamment au niveau de l'équipement et des sound-systems. Aux US, tu peux passer d'un bon à un mauvais sound-system en l'espace d'une nuit. Ici, il y a un vrai savoir-faire et je pense que les patrons ont conscience de ce qui est important pour leur club : le sound-system, les canons à CO2, un bon staff… 

Chris : Le public français, en général, connaît très bien l'EDM et les artistes. Contrairement aux Etats-Unis, où il y a une vraie ignorance pour la plupart des gens. Et les rares fans qui s'y connaissent sont dans des circuits beaucoup plus underground. 

Alex : Au niveau des attentes du public, c'est vraiment semblable à ce que nous connaissons chez nous. Les gens veulent vraiment se lâcher, que ça envoie du gros son, avec une grosse dose d'énergie. Dans d'autres pays d'Europe, les gens sont un peu plus coincés et se lâchent moins. Nous, on aime cet esprit Rave, la transpiration et la folie. 

Pourtant, les clubs français ne bénéficient pas d'une très bonne image à l'échelle internationale. Après vos performances, pensez-vous que c'est injuste ? 

Alex : Oui, complètement ! Je n'avais personnellement jamais entendu de mal à propos des clubs français avant d'y poser les pieds. Et nos shows me confortent dans l'idée qu'il y a peut-être un mépris injustifié et que les artistes devraient plus s'exprimer en leur faveur. 

Chris : En ce qui nous concerne, c'est en France que nous avons eu certaines de nos meilleures dates jusque là ! 

Alex : On espère d'ailleurs revenir dans quelques mois et découvrir de nouveaux endroits. A bientôt !

Photos Live : DVBBS @Titan (Lyon) - Jordan Marchand

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