Interview : Sylvain Armand | DJMAG France - Suisse - Belgique

La sortie de son remix du 'Midnight' d’Alesso est l’occasion parfaite pour faire le point avec Sylvain Armand, l’un des DJs français les plus prolifiques sur la scène internationale malgré sa relative discrétion dans l’hexagone…

S’il ne bénéficie pas du même rayonnement que ses compatriotes David Guetta ou Bob Sinclar dans l’hexagone, Sylvain Armand est l'une des figures françaises les plus actives sur la scène électronique internationale. Réputé pour ses talents de DJ, le Français a déjà parcouru les plus belles scènes du monde, avec des résidences à l'Ushuaïa Ibiza pendant plusieurs années aux cotés d'Axwell & Ingrosso ou David Guetta, et a notamment été choisi pour faire la première partie de la Swedish House Mafia à Ibiza en juillet 2019... La sortie de son remix du 'Midnight' de son ami Alesso est l'occasion de faire le point avec le Français sur une carrière déjà bien remplie.

Tu sors aujourd’hui un remix du 'Midnight' d'Alesso. Tu peux nous en dire plus ?

Alesso est un pote depuis une dizaine d’année, on est très proches. On est d’ailleurs presque voisins à Stockholm, et on se voit souvent en dehors du contexte musical. Quand il m’a fait écouter son single, j’ai eu envie de tester un truc, j’ai tout de suite eu une structure en tête. Il m’a envoyé les pistes, et le résultat lui a plu.

C’est un artiste qui a été important dans ta carrière ?

Il m’a toujours soutenu. J’ai joué avec lui dans de nombreux endroits, de l’Ushuaïa à la Brixton Academy de Londres. Il a toujours essayé de m’amener sur ses dates. On a une vraie complicité musicale, même si on fait une musique différente. Il a compris qu’il valait mieux construire une soirée avec quelqu’un qui fait du son dans un autre style, que d’avoir des artistes similaires qui s’enchaînent.

La prochaine étape, c’est une collaboration ?

On en a discuté, et on est tous les deux motivés. Mais ce sont des choses qui prennent du temps, et il y a des histoires de maisons de disques qui compliquent un peu tout ça. En ce moment j’échange beaucoup avec David Guetta, on a déjà failli sortir plusieurs morceaux ensemble. Ça avance pas mal, même si on ne sait pas comment tout ça va se terminer. J’ai samplé un vieux disque du début des années 2000 qu’on retravaille dans une vibe un peu à la ARTBAT ou Tale Of Us, un style qu’il aime beaucoup en ce moment.


Je me suis toujours battu pour faire du DJing sans forcément avoir d’actu niveau sorties.


 

Tu comptes développer ta carrière de producteur, toi qui est surtout connu pour ton travail de DJ ?

Je viens du DJing, j’y consacre 90% de ma carrière. J’aime produire, mais je ne veux pas me mettre de pression à ce niveau, je veux que ça reste un plaisir. Je me suis toujours battu pour faire du DJing sans forcément avoir d’actu niveau sorties. Aujourd’hui les promoteurs connaissent mon travail de DJ, et m’appellent même si je ne sors rien, ce qui me permet de continuer à produire seulement quand j’en ai vraiment l’envie.

Tu vis actuellement à Stockholm. Est-ce que cela t’offre des opportunités que tu n’aurais pas en étant en France ?

J’y suis avant tout pour des raisons familiales, mais c’est vrai qu’être ici m’a ouvert pas mal de portes. Je travaille notamment beaucoup avec Carl Falk et Dhani Lennevald, qui étaient des proches collaborateurs d’Avicii, et je vois aussi souvent Axwell, Sebastian Ingrosso et Alesso.

Te sens-tu reconnu à ta juste valeur en France ?

Pas vraiment non, même si c’est un peu de ma faute. J’ai un peu l’impression d’être le Français oublié. Je ne passe pas en radio et je ne fais pas d’interviews en France, alors que c’est le cas dans le reste du monde.

Tu as quand même essayé de développer ta carrière ici ?

J’ai commencé ma carrière à St-Tropez, mais je n’ai pas beaucoup joué en France pour être honnête, contrairement à beaucoup de mes compatriotes.

Toi qui consacre une grande partie de ta carrière au DJing, comment vis-tu ces mois de black-out événementiel ?

La première semaine a été très dure, mais je me suis fait une raison. On ne peut rien y faire. J’en ai profité pour faire pas mal de prod, avec notamment ce remix pour Alesso. J’ai aussi composé pour la télé, et j’ai surtout passé du temps avec ma famille. Le seul truc qui me fait vraiment de la peine, c’est de ne pas jouer à Ibiza cet été. Le fait d’être dans le flou quant à la situation n’a pas été facile à gérer non plus. 

 

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