Focus : Marc Rebillet | DJMAG France - Suisse - Belgique

Difficile de passer à côté de ce phénomène qui répond au doux nom de Marc Rebillet... Ses nombreuses vidéos et grimaces sont devenues des incontournables sur les réseaux sociaux, créant autour de lui un buzz retentissant !

Avec son nom de famille à consonance française (de par son père français, parti vivre aux USA alors il n'avait que 15 ans), Marc Rebillet est en passe de convertir le buzz permanent qui le concerne sur les réseaux sociaux en tournée Live à guichets fermés. Mais qui est ce personnage farfelu, qui filme ses improvisations Live en dissimulant derrière ses grimaces un talent exceptionnel ?  


Je ne sais jamais à l'avance comment va évoluer l'idée que je vais exploiter en Live.


YouTube est criblée de publicités pleines de promesses pour tous ceux qui rêvent un jour de créer leur propre Live et vivre de leur passion. Mais nul n'a de meilleur argument que Marc Rebillet pour dire à monsieur tout le monde que cela est possible d'émerger et de devenir une star de la musique à partir de simples vidéos mises en ligne sur Internet. Également connu sous le nom de Loop Daddy, ce personnage atypique a fait de sa voix, de son clavier Midi et de son séquenceur Boss RC-505 les armes fatales pour laisser libre cours à son imagination débordante. Sur scène, il fait preuve d'un sens du spectacle très poussé, n'hésitant pas à aller dans l'excès et une interaction parfois très 'borderline' avec son public...

En créant des oeuvres musicales à partir de thèmes complètement inattendus, comme une recette de cuisine, des blagues ou bien encore Pourquoi les moustiques sont-ils les vampires de la vraie vie ?, Marc Rebillet crée une adhésion quasi-instantanée auprès du grand public, qui va donc prochainement pouvoir le découvrir en Live dans plusieurs villes d'Europe. “J'ai commencé à mettre en ligne mes vidéos il y a trois ans, sans stratégie ni sérieux" confie Marc, qui vient de déménager à New-York et de quitter son emploi de conseiller clientèle pour se consacrer pleinement à sa musique. 

Après une enfance passée à Dallas, puis une fin d'adolescence du côté de New Jersey, ce multi-instrumentiste surdoué à toujours abordé la musique comme un terrain de jeu. “J'ai commencé le piano à 4 ans mais je n'en ai pas joué de manière sérieuse et académique avant mes 15 ans. J'ai tout appris par moi-même et l'improvisation a toujours été ma pratique préférée. J'aime me comparer à un jazzman, car je ne sais jamais à l'avance comment va évoluer l'idée que je vais exploiter en Live."

Après un passage par la chorale du Manhattan School Of Music, cet amoureux de funk et de hip-hop (Nina Simone, Madlib et James Blake sont parmi ses plus grandes sources d'inspiration) a travaillé sa voix, jouant de la ressemblance avec le timbre grave de Q-Tip, le leader de A Tribe Called Quest. Surpris mais flatté par la comparaison, Marc Rebillet aborde souvent avec second degré des sujets délicats, comme le viol évoqué sur ‘Stop That Rape’. “Les gens prennent mes chansons bien plus au sérieux que moi. Pour ma part, il s'agit juste d'une idée de départ, d'un riff et d'un délire improvisé." À la mort de son père, Marc lui a dédié une chanson, avouant avec remord qu'il aurait aimé que sa maladie d'Alzheimer ne débute qu'après son actuelle carrière musicale. "Je fais ça en espérant le rendre fier de moi, même si au fond, l'anxiété me ronge au quotidien" reconnaît-il. "J'ai peur que tout ce qui se passe en ce moment ne soit qu'un buzz éphémère et que tout retombe brutalement, sans que personne ne se souvienne de moi. J'espère que les gens ne se lasseront pas et que je pourrai conspuer mes peurs en m'exprimant sur scène."

L'expérience et le vécu risquent donc d'être les meilleurs alliés de Marc Rebillet à l'heure où le buzz autour de lui est maximal. Car il a déjà connu l'échec dans le monde de la musique, avec dix années perdues à développer son projet Leae, en vain. Il savoure donc son succès et envisage déjà de revenir en studio pour sortir un album qui ne soit pas simplement le reflet de ses sessions improvisées sur le net. En attendant, il savoure sa popularité et se met à nu (au sens propre comme figuré) à chaque concert. 

Propos recueillis par Joe Roberts pour djmag.com

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