Interview : Dirty South se confie au sujet de 'Darko', son nouvel album | DJMAG France - Suisse - Belgique

Alors qu'il sera en action aux platines de l'Opium Club à Toulouse le 15 décembre prochain, Dirty South se confie à propos de 'Darko', son nouvel album studio. Il nous fait aussi le plaisir de nous offrir un guest mix exclusif, à consommer sans modération

Alors que son nouvel album 'Darko' dresse un portrait plus intime et torturé de sa personnalité artistique, Dirty South poursuit sa route sans se soucier des stratégies. Fort de son talent de producteur hors norme, il assume ce nouvel album et l'inscrit dans une continuité qui, pourtant, ne saute pas aux yeux. Plus underground que jamais, 'Darko' fait évoluer Dirty South vers une autre famille de musiques électroniques, quitte à générer beaucoup moins de streams que par le passé. Un changement de cap révélateur d'une tendance générale, qui incite de nombreux DJ-producteurs autrefois hitmakers à se lancer de nouveaux défis pour rester créatifs. 


Je n’ai pas le sentiment de faire une musique plus complexe.


À peine un an après la sortie de ‘XV’, voici ‘Darko’, ton nouvel album studio. L’as-tu conçu comme le reflet de ta face la plus intime ?

Neuf mois se sont écoulés depuis ‘XV’ et il y a eu dans cet intervalle de temps une réelle évolution au niveau de mes sonorités et de mes affinités artistiques. Chaque fois que je travaille sur un projet, c’est toujours le reflet de mon humeur du moment. ‘Darko’ n’échappe pas à cette règle.

De nos jours, ton univers artistique se rapproche plus de Kölsch et Joris Voorn que celui de tes anciens complices comme Alesso et Axwell. Pourquoi ta musique a-t-elle pris cette direction ?

C’est une évolution assez naturelle pour moi. J’étais juste lassé de certaines choses et je cherchais de nouvelles énergies à explorer. C’est de cette manière que je reste motivé et passionné dans ce métier. J’aurais pu rester dans ma zone de confort et continuer à toujours produire dans le même registre, mais je ne crois pas que ce soit une démarche très saine. J’ai donc préféré tenter quelque chose de nouveau en me fixant un nouveau challenge en studio.


Je cherchais de nouvelles énergies à explorer. 


Quel est ton avis au sujet de cette lutte permanente entre les DJ-producteurs Underground vs Mainstream ?

J’ai des oeillères par rapport à tout ça, je produis ma musique uniquement en fonction de mon ressenti au moment T. L’industrie dans laquelle on évolue est parfois très dure, je tiens donc à rester à l’écart de toutes ces considérations et des avis de toutes ces personnes qui passent leur temps à dire ce qui est bien ou mal, underground ou commercial. A la fin de la journée, le plus important reste la musique que tu partages avec le public, avec le soucis de vouloir délivrer le meilleur de toi-même. Au final, c’est au public d’aimer ou non ce que tu leurs proposes d’écouter.

Tu as accumulé plusieurs millions de streams avec tes nombreux hits, as-tu encore cet objectif en tête quand tu produis ta musique ?

Quand je me retrouve à produire un nouveau titre, je le fais avant tout pour moi. Je dois me rendre heureux avant de pouvoir songer à partager ma musique avec le reste du monde. Une fois que c’est fait, l’objectif reste de séduire le plus de personnes possibles, sinon ça n’aurait aucun sens. Ce qui est excitant dans notre industrie, c’est qu’on n’a jamais aucune garantie sur le succès que notre musique va rencontrer. J’adore ce suspens.

Sur ‘Darko’, il n’y a pas de titres chantés, aucun radio edits, uniquement des pistes instrumentales assez longues et envoûtantes… C’est une décision spontanée ou c’est un nouveau chemin dans ta carrière ?

J’adore mettre de la voix dans mes morceaux, mais cet album devait être différent. Je travaille déjà sur mon prochain projet et je sais que je ferai à nouveau appel à des chanteurs. Comme je l’ai déjà dit, je conçois ce métier comme quelque chose en perpétuelle évolution, projet après projet. Je crée beaucoup de nouveaux morceaux, en permanence, puis je les assemble ensuite en fonction du projet que je définis. Sur ‘Darko’, les voix n’étaient pas nécessaires.


J’aurais pu rester dans ma zone de confort et continuer à toujours produire dans le même registre, mais je ne crois pas que ce soit une démarche très saine


Est-ce que tu t’es fixé une mission de convertir tes fans à une musique électronique plus complexe ?

Non, pas vraiment, je ne suis pas du tout dans cette mentalité de vouloir convertir qui que ce soit ma musique. Je produis des titres et je croise les doigts pour que le public l’apprécie, c’est aussi simple que ça. Par ailleurs, je n’ai pas le sentiment de faire une musique plus complexe, je crois même que cet album est plus facile d’accès que mes précédents. Tout est question de perception, cela reste très subjectif.

Comment définir ta musique en 2018 : Progressive, Melodic House ?

Je pense que ma musique est avant tout centrée sur les mélodies. Je n’arrive pas à construire des suites d’accords trop mélancoliques, et je pense que ça ne changera pas de si tôt.

Tu viens en France le 15 Décembre, à quoi faut-il s’attendre ?

Je suis très heureux de venir en France. Je pense que les gens voudront que je joue avant tout les titres de mon dernier album, mais je ne manquerai pas évidemment de puiser dans ma discographie passée, sans oublier quelques Edits de mon propre cru et quelques exclus, comme toujours…

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