Interview : Purple Disco Machine | DJMAG France - Suisse - Belgique

Rétro et Hype à la fois, Purple Disco Machine n'en finit plus de faire danser. Son énorme tube 'Devil In Me' est venu assoir sa nouvelle notoriété mondiale, même si l'Allemand se considère toujours comme un artiste résolument underground...

Retrouvez cette interview en intégralité dans le magazine DJ Mag #18 disponible ici

Depuis un peu moins d'un an, Purple Disco Machine goûte à une popularité mainstream qu’il n’a jamais cherché à provoquer. Joué sur les grosses radios FM, dont NRJ et Virgin en France, le premier single de son album, ‘Devil In Me’, lui a permis de franchir un palier. Son album ‘Soulmatic’ a même convaincu Sony Music, alors que ses remixes pour Gorillaz, Claptone, Sigma, New Order et Jamiroquaï ont tous fait mouche. Ce dernier l’a d’ailleurs invité sur dix dates de sa dernière tournée européenne, preuve que la hype est palpable. Et pourtant, Purple Disco Machine n’a pas inventé une nouvelle recette. Il jongle habilement avec la House, la Disco et le Funk, propose des boucles au groove contagieux et invite des voix charismatiques à ses côtés. Entre Nu Disco et Pop, ce producteur issu de la scène underground fait l’unanimité et plaît désormais à un large spectre de mélomanes. Ses titres et remixes sont joués par la crème de l’Underground autant qu’ils sont écoutés plusieurs millions de fois par mois en streaming. C’est ainsi que Purple Disco Machine s’affirme désormais comme l’un des artistes les plus excitants, tout simplement…


Je ne m’attendais pas à ce que ma musique séduise au-delà de l’underground. 


La première fois que tu as ouvert un ordinateur pour faire de la musique, qu’avais-tu en tête, quelles étaient tes influences ?

Je devais avoir 16 ans, c’était à la fin des années 90 et l’ordinateur n’était pas encore autant perfectionné que ça. On n’était pas encore à l’ère du home-studio. Je n’avais rien en tête. J’ai mis plusieurs années à comprendre comment Cubase fonctionnait et à affiner ma créativité. Mon premier titre potable est arrivé après de longues années.

Quand on s’appelle Purple Disco Machine, on imagine que le Disco est dans tes gènes ?

Non, pas vraiment, je n’y ai pas réfléchi. J’avais un autre projet avant, qui a duré une dizaine d’années. Purple Disco Machine était un simple délire à la base. Je ne savais pas que ça deviendrait mon nom de scène définitif et que j’aurais du succès avec. Je voulais faire une musique légère, fun et disco, je pensais à Miami Sound Machine, des titres comme ‘Conga’. C’est coloré, délire, ça évoque ‘Purple Rain’, Prince… Je ne sais pas si c’est un bon ou un mauvais nom de scène mais il me va maintenant comme un gant.

Dirais-tu que tu as ta propre marque de fabrique ?

Les gens disent souvent que j’ai un son assez unique mais je trouve que c’est délicat de dire ça de soi-même. Je pense avoir mes propres secrets de production, je suis assez homogène. Dès que j’essaye d’aller vers autre chose, je reviens toujours sur ce qui me caractérise au final.


Je suis fier de voir des adolescents écouter de la House !


Ces derniers temps, tu es devenu un artiste crossover, comme on dit. Est-ce que ça a changé quelque chose ?

Je ne m’attendais pas à ce que ma musique séduise au-delà de l’underground. Je crois que j’ai l’avantage d’avoir de l’expérience. Avant de vivre ce que je traverse en ce moment, j’ai pu me faire la main pendant dix ans, avec déjà des voyages et une vie de DJ international. Mais là, c’est vrai que ça a pris d’autres proportions depuis quelque temps. C’est assez agréable car je sais comment garder les pieds sur Terre. J’ai une vie de famille, je suis quelqu’un d’assez rangé dans mon quotidien, je vis toujours dans ma ville natale de Dresde (en Allemagne). J’aborde ça avec sérénité. Je fais de la musique, ça a toujours été un rêve d’avoir du succès et d’en vivre comme j’ai la chance maintenant.

Je n’ai pas l’impression que tu es du genre à faire la fatale distinction entre underground et mainstream…

Non, ce clivage est typiquement allemand. Ceux qui le propagent réfléchissent trop ! (rires) Ils sont à côté de la plaque selon moi. Mon projet marche car il est crossover sans renier mes racines underground. Mon titre ‘Body Funk’ a été joué par tous les DJs hype comme Jamie Jones, The Black Madonna et Midlands. Mais il est aussi diffusé par des radios très commerciales. Je me situe quelque part entre les deux mondes. Je suis confortable avec ça, c’est d’ailleurs moi en tant que DJ. Je mixe parfois dans des endroits bien barrés, puis le lendemain je me retrouve sur de grosses scènes. De toute façon, je n’ai jamais cherché voulu être underground et je crois que si j’étais resté là-dedans, je n’aurais jamais eu assez d’argent pour nourrir ma famille. Les remixes sont l’une de tes spécialités. 

Es-tu satisfait de l’évolution prise par la House Music ?

Il y a eu pas mal d’années creuses, quand l’EDM a tout rasé. Il y a un vrai retour à la mode mais la House n’a jamais disparu en fait. Alors oui, les main stage s’en sont peut-être désintéressées mais c’est un genre musical constant, éternel. Je suis fier de voir des adolescents écouter de la House, 25% de mes fans sont âgé de moins de 25 ans, c’est un bon signal. La nouvelle génération aime la House Music, on est dans une bonne dynamique et on peut donc continuer à être créatif. 

 

 

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