Interview : Petit Biscuit | DJMAG France - Suisse - Belgique

Extrait de notre interview avec Petit Biscuit publiée dans notre magazine DJ Mag 18... A trois jours de sa première performance sur la scène du festival Coachella et au coeur d'une tournée nord-américaine impressionnante, Petit Biscuit cartonne...

Difficile d’ignorer le phénomène Petit Biscuit. Ultra-médiatisé, très bien travaillé en terme de marketing, le jeune talent français s’est fait une place de choix dans le paysage musical français et international. Son premier titre, ‘Sunset Lover’, est devenu l’un des titres les plus écoutés sur les plateformes de streaming à l’échelle du monde et tout le monde retient son pseudonyme à la première écoute. Mehdi Benjelloun, de son vrai nom, défraie la chronique et ne laisse personne insensible. Il remplit déjà des Zénith à lui tout seul et il connaît le succès aux Etats-Unis, où sa musique est promue à même la façade du mythique Times Square. Le jour de ses 18 ans, il a sorti son premier album ‘Presence’, composé pendant les mois qui ont précédé l’obtention de son Bac mention très bien. Sensible et émotive, sa musique flirte parfois avec une Electronica expérimentale, malgré un ADN foncièrement electro-pop, non sans snober des influences comme Odesza. Etonnant, talentueux et créatif à souhait, Petit Biscuit incarne l’insouciance de son talent. Il a tout pour devenir un artiste clé de la nouvelle scène électronique mondiale. Avec 3 trophées, il est d'ailleurs le grand gagnant de notre dernier vote Best of French


Je ne suis pas en quête de succès et de réussite quand je compose. 


Les gens pouvaient s’attendre à des ‘Sunset Lover’ dans tous les sens sur ton premier album, mais ce n’est pas du tout le cas. Tu as opté pour un album moins facile, avec des excursions plus electronica. Tu voulais te détacher de cette image un peu lisse…? 

Je n’oublie pas ‘Sunset Lover’, il m’évoque encore beaucoup d’excellents souvenirs. Mais j’ai envie d’assumer ce que je fais, partir vers de l’électronique. Me dire que je n’ai pas forcément besoin d’ajouter une guitare dans mes morceaux et que si j’ai envie de faire des grosses intrus Trap, je le fais. Juste kiffer. Quand je m’enferme en studio, je coupe mon téléphone, je ne suis pas dans un processus de stratégie. Je me pose des questions, bien sûr, mais j’y réponds seul, moi-même. Je ne suis pas en quête de succès et de réussite quand je compose. J’ai besoin de faire autre chose que ce à quoi les gens s’attendent, rompre avec ce côté posé qu’on m’a de suite collé au dos. J’ai envie de faire tout ce que j’aime, sans limitation ni calcul. Je cherche à procurer des émotions, que ça soit via de l’Electro, de la Pop… Tout en gardant ma patte, qui me vient naturellement dès que je créé un morceau.

Tu fonctionnes donc au feeling et au naturel ?

La musique est quelque chose qui s’apprend, pas la composition. Il faut beaucoup de patience, du vécu… Il faut aimer le fait d’être confronter à soi-même, devant son clavier et ses instruments.

À partir de quand as-tu compris que la musique deviendrait ton meilleur moyen d’expression ?

À 5 ans, j’ai commencé à apprendre la musique, avec le violoncelle, puis la guitare, le piano, la batterie. Puis j’en ai eu assez marre de suivre les partitions. Je voulais plus d’abstrait, quelque chose qui englobe plus de choses, je suis donc devenu compositeur et j’ai appris par moi-même les techniques de M.A.O. Je n’ai pas cherché à reproduire quelque chose, j’ai juste passer du temps à comprendre le vocabulaire technique, je me suis lancé sur FL Studio.

Est-ce que ta méthode de production a changé entre tes premiers tracks mis en ligne sur Soundcloud et cet album ?

Pas vraiment. Je ne commence jamais par la rythmique. C’est pour moi l’élément qui va venir casser le flow. Je cherche la mélodie en premier, ou la ligne de basse. Je commence toujours pas travailler autour d’un gimmick instrumental, puis les mélodies vocales dans un second temps. Je fais plusieurs versions, puis je cherche la rythmique et la texture sonore. Je me dis qu’il faut fuir tout ce qui est plat. Des instruments acoustiques sont là aussi pour rassurer les gens, que ce soit du violoncelle ou de la guitare. Les synthés, les arpèges, la basse donnent ensuite du paysage au track.

Mon pseudo divise pas mal les gens, ça fait beaucoup parler...

Et tu chantes toi-même sur ‘On The Road’ et ‘Forever Being’. Une nouvelle étape ?

Oui, je chante sur ces deux titres, en effet. Je ne me considère pas du tout comme un chanteur mais les gens donnent de l’importance à la sûreté de la voix, pas à la technique vocale. Dans mon registre pop-electro en tout cas. Les auditeurs ressentent mieux les émotions que tu transmets, et puis les paroles prennent plus de sens. Ça reste ultra-simple, ce sont presque des paroles d’adolescent, mais c’est le meilleur moyen d’être proche des gens.

Mine de rien, tu fais déjà partie des plus gros exports français. Mais tu as l’air attaché à ton indépendance, sans grosse maison de disques à tes cotés, par exemple…

En effet, on m’a dit que je figurais parmi les plus gros exports musicaux français, c’est assez fou ! Je suis très attaché à mon indépendance. Au départ, tout le monde autour de moi me disait que je n’avais pas d’autre choix que de signer en major, que je n’aurais pas le temps de combiner mes cours avec ma musique… Mais quand je rentrais de cours, je faisais de la musique. Je n’avais pas d’ambition professionnelle. J’ai eu le déclic à partir du moment où j’ai décliné ma musique au format Live. Au-delà du partage, c’est un sentiment exceptionnel d’être sur scène et de faire vibrer les gens.

Parlons quand même de ton nom de scène. L’as-tu choisi en souhaitant représenter la France ?

Oui, j’avais 15 ans quand je l’ai choisi, sans trop de réflexion. C’était peu de temps avant de composer ‘Sunset Lover’. Je me suis dit que c’était bien d’avoir un nom de scène bien français. A cette époque, je discutais parfois avec des producteurs comme Filous, qui est Autrichien… Je trouvais ça dommage de cacher sa nationalité, alors j’ai choisi un pseudo français dans la consonance. C’est un peu réducteur mais je trouvais ça marrant. Plein de jeux de mots, plus ou moins bons, ont été faits. Ça divise pas mal les gens mais ça fait beaucoup parler, car tout le monde se demande qui est derrière, si c’est vraiment un projet musical… Ce pseudo attise la curiosité des gens, c’est très important de nos jours.

Retrouvez la version intégrale de cette interview dans notre magazine DJ MAG 18 disponible ici

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