Interview : Carnage nous parle de son nouvel album | DJMAG France - Suisse - Belgique

Le 13 avril, Carnage sortira son deuxième album : ’Battered Bruised and Bloody’. Nous sommes allé à sa rencontre pour en apprendre un peu plus sur ce nouvel opus particulièrement attendu.

A la lisière de l’EDM, du hip hop, du R’n’B et de la techo, Carnage continue de brouiller les pistes avec son deuxième album, et s’impose comme l’une des valeurs sûres du circuit. Connu pour son fort caractère et ses productions puissantes, le producteur guatémaltèque ne laisse personne indifférent et n’a pas sa langue dans sa poche. Ce que DJ Mag a pu vérifier lors de son escale Parisienne, quelques heures avant son set au Palais de Tokyo. Rencontre.


Quand je travaille sur du hip-hop, je peux être dans un studio d’Atlanta à 6h du mat’ avec des flingues, de la drogue, des bijoux, de l’argent et des « salopes » partout autour de moi. C’est une culture.


Qu’est ce que tes fans peuvent attendre de ton nouvel album ?         

'Battered Bruised and Bloody' est une belle oeuvre. C’est vraiment de la bonne musique. Ca m’a pris du temps pour arriver à un résultat qui me rend fier. Et j’y suis arrivé !

Le titre du disque ‘Battered, Bruised and Bloody’ (Battu, meurtri et sanglant, ndlr) est assez sombre. D’où vient cette violence ?

Une fille a écrit un tweet en disant qu’à un de mes concerts il y avait des mosh-pit partout, et que les gens sortaient meurtris et sanguinolents. C’était très exagéré, mais j’ai aimé l’expression.

Est-ce qu’on peut ressentir cette violence dans tes nouveaux morceaux ?   

Pas vraiment. C’est plutôt ce moment où tu es bourré, avec tout tes potes, qu’un morceau que tout le monde adore passe et qu’il y a une vraie excitation pendant quelques secondes. C’est un condensé de ça. C’est une bouffée d’air frais.

On peut donc s’attendre à pas mal de bangers ?

Il y a des bangers, mais aussi différentes vibes. Chaque morceau a sa raison d’être, et une atmosphère qui lui est propre. Si tu écoutes l’album en entier, tu vas adorer au moins trois ou quatre morceaux. C’est tout ce que je promets.

Dans quelle mesure ce disque est-il différent du précédent, ‘Papi Gordo’ ?     

Je pense que pour ’Papi Gordo’, c’était vraiment le moment pour moi de sortir un album. Il y avait pas mal de tracks que je jouais dans mes sets, d’autres qui étaient sortis depuis un moment, donc il fallait que je rassemble tout ça. C’était cool, mais j’essayais toujours de créer un pont entre hip hop et électro. Celui ci est définitivement meilleur parce que j’ai fait ce que je voulais vraiment faire. Je me suis posé et j’ai pu travailler avec les personnes que je voulais. On a fait quelque chose de beau, d’unique. Je n’aurais rien pu demander de plus que d’avoir une plateforme pour créer et exprimer mon art.

Tu as repoussé la sortie de ton album de plusieurs semaines pour ajouter deux nouveaux titres. Pourquoi ?   

Je sentais que ce n’était pas aussi énorme que j’aurais voulu que ce soit. Le premier single, ‘i Shyne’ avait déjà plus de 40 millions de streams. C’est dingue. Après avoir sorti trois titres, il y avait déjà plus de 70 millions de streams. Avant même que l’album soit sorti, c’est énorme. Donc je me suis dit, "pourquoi ne pas proposer encore plus de musique, et emmener le disque aussi loin que je peux?". On ne vit qu’une fois !

Tu as récemment sorti le single ‘Plur Genocide’ avec Steve Aoki. Tu peux nous parler de cette collaboration ?     

Il y a aussi Lockdown, un artiste que j’ai récemment signé sur mon label, HeavyWeigh Records. C’était une bonne occasion de le mettre en lumière. C’est un super artiste. Et Steve Aoki est une légende ! Le titre fait référence à la fin du ‘Peace, Love, Unity, Respect’. La bulle « EDM » a déjà éclatée. Il ne reste plus que les puristes, et la majorité des puristes EDM pensent qu'ils sont les meilleurs et se comportent comme des tyrans. Ils sont supposés représenter l’adage «Peace, Love, Unity, Respect » mais leur comportement est à l’opposé de ça. Ils tuent ce en quoi ils croient. Tout le monde le sait, mais les gens ont peur de parler. Je ne suis pas comme ça. Je n’ai rien à cacher. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec ce que je dis, qu’il vienne me le dire en face.

Ta musique est un mélange de plein d’influences. Comment décris-tu ton style ? 

Je crois que c’est de la bonne musique... Si un morceau devient populaire, c’est qu’il y a une raison. Je peux te donner une liste de cinq titres dont je sais que ce sont de très bons morceaux. S’il y en a un que tu n’aimes pas, je ne pourrai pas accepter ce que tu me diras, parce que tu seras fermé d’esprit. Les gens ont besoin d’être plus ouverts. S’il y a un genre de musique que tu n’apprécies pas, mais que tu entends une très bonne chanson dans ce style, tu diras « ouais, c’est de la bonne musique’. Si c’est de la qualité, c’est de la qualité. Même si tu n’aimes pas, tu peux reconnaître que c’est bon. C’est comme pour la nourriture. Tu peux manger un plat dans lequel il y a quelque chose que tu n’aimes pas. Mais si ce plat est mondialement célèbre, c’est qu’il y a une raison.

Tu travailles autant avec des artistes électro que hip hop. Est-ce que tu vois une différence dans leur manière de travailler ?

Quand je travaille sur du hip-hop, je peux être dans un studio d’Atlanta à 6h du mat’ avec des flingues, de la drogue, des bijoux, de l’argent et des « salopes » partout. C’est une culture. Quand tu bosses avec un DJ star, tu te retrouves devant deux laptop et une enceinte, et tu peux faire un titre que tu joues le soir même devant 50 000 mille personnes. Ce sont deux mondes complètement différents.

Tu penses plus appartenir à la culture électro qu’à celle du hip- hop, ou l’inverse ?       

J’appartiens à la culture ‘Carnage’ (rires).

Il est devenu normal pour un rappeur ou une popstar de collaborer avec un artiste électro. Selon toi, est-ce que la frontière entre ces genres est toujours bien délimitée ?     

J’ai un peu ouvert la voie à ces mélanges. Beaucoup de gens s’y sont mis, ce qui est cool. Il y a de très bonnes choses, comme Skrillex, Diplo… Mais il y aussi d’autres gens qui font des choses vraiment nulles. Peu m’importe. A la fin de la journée, la bonne musique reste la bonne musique, que tu fasses des trucs cross-over ou non. Si tu fais quelque chose qui fonctionne mais que tout le reste ne marche pas, trouve toi autre chose à faire.

Qu’as-tu préparé pour la tournée qui suit la sortie de l’album ?   

Pour l’instant pas grand chose parce que j’ai été très occupé par ce disque. Mais je vais commencer à faire des edits. Il n’y a que trois ou quatre morceaux Dance sur le disque, le reste appartient à d’autres styles. Donc je vais faire en sorte de les adapter à la scène. Ca va être très cool. Je veux apporter une autre expérience que celle du disque, je veux que ce soit énorme.

‘Battered Bruised and Bloody’, sortie le 13 avril.

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