Extrait de notre interview A La Une avec The Chainsmokers publiée dans notre magazine DJ Mag #17 à l'occasion de la sortie de l'album 'Memories Do Not Open'...

On se demande encore comment le duo, repéré par Steve Aoki et son label Dim Mak, a réussi à se métamorphoser pour enchaîner les tubes et devenir les fers de lance d'une nouvelle tendance Electro-Pop adaptée au grand public tout en restant décomplexée. Récompensés aux Grammy Awards, aux American Music Awards et à bien d'autres occasions ces derniers mois, les deux complices ont soudainement changé de stature. De "Frat-Bros" - comme ils aimaient eux-mêmes se définir - désintéressés, ils sont devenus une marque forte, extrêmement bien valorisée, qui fait d'eux les DJ-producteurs les plus courtisés de la planète Pop. Si bien que Coldplay s'est rangé derrière eux, adoubant encore un peu plus ce duo insaisissable et apparemment très complice. Au plus haut de leur popularité, Alex Pall et Drew Taggart sont entrés dans la dangereuse bulle du star-system, même s'ils ne semblent pas pour autant être déstabilisés… > Retrouvez cette interview en intégralité dans notre magazine #17


Quand tu bosses avec Coldplay, tu te rends compte qu'il y a encore un autre niveau d'écriture, celui qui te permet de t'adresser au monde entier. Nous n'en sommes pas encore là, un jour viendra, peut-être…


Vous semblez toujours être sur la même longueur d'ondes. Avez-vous chacun reçu la même éducation musicale ?

On a tous les deux grandi dans des petites villes isolées et joué dans plusieurs groupes. Mais ce qui est surprenant, c'est que malgré nos cinq ans d'écart, on s'est rendu compte qu'on a toujours aimé les mêmes groupes et eu les mêmes inspirations musicales. Nous avons aussi tous les deux souvent changé de goûts, ce qui explique certainement notre éclectisme et notre capacité à flirter avec beaucoup de genres musicaux différents.

Il y a quand même un énorme fossé entre Steve Aoki, qui a lancé votre carrière, et Coldplay. Comment avez-vous réussi à faire ce grand saut à travers votre musique ?

Ce n'est pas comme si nous étions avec Steve il y a deux semaines et avec Coldplay la semaine d'après. Il y a cinq années de travail hardcore entre les deux. Nous avons travaillé sans relâche pour progresser en tant que producteurs et auteurs, avec aussi la rencontre de nombreuses personnes qui nous ont permis d'enchaîner les expériences et d'acquérir des connaissances. Nous n'aurions pas pu faire ce chemin sans elles. Quand nous avons commencé, nous n'avions aucune idée du type d'artistes que nous allions devenir, on savait juste qu'on avait de l'ambition et qu'on aurait à travailler très dur pour y parvenir. On n'a pas encore le sentiment d'avoir tout réussi, même si on avance plutôt bien depuis quelque temps… (rires) 

Le succès génère quelques souffrances... Mais nous gardons les pieds sur Terre grâce à nos proches, qui nous sont précieux. 

Vu que vous donnez beaucoup d'importance aux paroles et aux mélodies dans vos titres, diriez-vous que ce premier album est plus proche de la Pop que de la musique "Club" ? 

Ni l'un ni l'autre, on fait juste de la musique signée Chainsmokers. Evidemment, certains titres se rapprochent de la pop, d'autres dégagent de la mélancolie et d'autres encore sont plus agressifs. Nous ne faisons pas de la musique pour rentrer dans des cases ou correspondre à des genres déjà existants. On produit la musique qu'on aime, tout simplement. On laisse ensuite les gens coller l'étiquette de leur choix.

Drew, tu es aussi chanteur. Est-ce que ça te paraissant naturel de poser ta voix sur de l'Electro, au départ…?

Au fur et à mesure que nous faisions des progrès sur notre songwriting, on a commencé à parler de nous dans les paroles et à partir de là, c'est devenu naturel pour moi de les interpréter. C'est toujours un défi que j'apprécie quand les paroles évoquent nos propres vies, car ça donne quelque chose de plus organique et d'authentique.

Pensez-vous avoir trouvé le bon dosage entre songwriting et deejaying ?

C'est très important pour nous d'offrir des shows uniques, en gardant un niveau de fun et d'énergie typique d'un DJ set tout en réinterprétant nos morceaux en Live pour en faire des moments spéciaux. L'album s'appuie vraiment sur une large palette de styles musicaux, il nous fallait donc trouver une formule innovante pour sortir des simples DJ sets. Depuis peu, on a donc un groupe qui monte sur scène avec nous, avec un batteur et des musiciens additionnels. Nous jouons aussi chacun de nos instruments, Drew occupe de plus en plus le rôle du chanteur et ça se passe bien car nos morceaux se prêtaient à cette nouvelle configuration. On a trouvé l'équilibre entre notre énergie de DJs et les moments d'émotion.

Est-ce que vous êtes à l'aise avec tous ces producteurs qui tentent de copier-coller vos recettes ?

En toute franchise, on n'y prête pas attention et on fait sûrement la même chose. On s'influence tous les uns les autres, entre rappeurs, groupes, DJs, on s'échange nos inspirations et c'est ce qui fait la beauté de la musique. Nous ne jugerons jamais personne de ce côté-là. Et puis c'est très flatteur de voir que ta musique a de l'impact sur quelqu'un d'autre.

Craignez-vous la sortie de piste ?

Nos vies ont radicalement changé et le succès génère quelques souffrances. Mais nous gardons les pieds sur Terre grâce à nos proches, qui nous sont précieux. On adore notre job et on n'a absolument pas le droit de nous plaindre. On profite pleinement de ce qui nous arrive et on fait tout pour que personne ne puisse penser que ce ne soit pas mérité. 

Retrouvez The Chainsmokers en concert à Paris le 20.02 (Zénith) et le 24.02. à Lyon (Halle Tony Garnier).

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