Interview : Disclosure | DJMAG France - Suisse - Belgique

A quelques semaines de leurs concerts français, on vous offre quelques extraits de l'interview de Disclosure publiée dans notre magazine de Septembre-Octobre...

Voici quelques extraits de notre interview de Disclosure parue dans le magazine DJ Mag #11 de Septembre-Octobre 2015...

Plus rien n'arrête les frères Lawrence ! Nés en 1991 et 1994, Guy et Howard affolent les compteurs. Leurs timides débuts sur le petit label indépendant Moshi Moshi ont laissé place à des records de vente auxquels personne ne s'attendait. A sa sortie en 2013, leur premier album 'Settle' a même fait perdre la première place des charts anglais à Daft Punk. Écoulé à plus d'1,6 million d'exemplaires dans le monde, cet album a insufflé un vent de fraîcheur au sein de la Dance Music avec des tubes comme 'Latch' - qui a lancé la carrière de Sam Smith -, 'White Noise' et 'You & Me' (rendu populaire grâce au remix de Flume utilisé par Lacoste).

Parmi les artistes les plus écoutés sur le net, les deux jeunes Anglais se sont forgés une réputation en moins de cinq ans. Ils enchaînent maintenant avec 'Caracal', un deuxième album encore plus fort que le premier. The Weeknd, Lorde, Sam Smith, Lion Babe ou encore Gregory Porter incarnent les instrus avisées du duo, toujours adepte du home-studio malgré leur popularité débordante. En puisant dans leurs racines House et leur culture underground, Disclosure a su garder la tête froide, hermétique au buzz incessant qui bourdonne dans le creux de leurs oreilles. Inconsciemment, ils bousculent les codes et fusionnent les genres, avec toujours un temps d'avance. Même James Bond a fait appel à eux pour composer la bande originale de 'Spectre' avec leur fidèle lieutenant Sam Smith


L'underground est encore notre environnement de prédilection.

A l'écoute de votre musique, on a l'impression que vous puisez beaucoup dans la House old-school. D'où vous vient cet amour ?

On a tout appris par nous-même en matière de House. Personne n'en écoutait dans notre famille mais on a adoré ce genre musical dès nos premières sorties en clubs. A l'époque, nous étions deux ados fascinés par les mixes des DJ's, qui jouaient aussi de la house, du dubstep, du grime et du garage. On a aussi acheté beaucoup de disques et on s'est renseigné sur les origines de la House, l'influence de Chicago, tout ça… Quand on a décidé de composer nos premiers morceaux, on savait que ça ferait partie de nous, même si nous savions que nous devions trouver une nouvelle formule, un style bien à nous. On ne voulait pas faire de simples beats House, on voulait écrire des structures plus Pop, on a donc longtemps cherché le bon dosage. Je crois qu'on l'a trouvé sur notre premier album et qu'on le ressent encore plus sur 'Caracal'.

En cinq ans seulement, vous êtes devenus l'un des duos les plus hype en matière de musique. Comment est-ce possible ? 

Il faudrait plutôt poser la question au public, aux blogs et aux médias. Ce sont eux qui fabriquent la hype. Nous n'avons rien demandé à la base… Après, il ne faut pas exagérer, on n'est quand même pas le groupe le plus hype de la planète. One Direction est bien au-dessus de nous par exemple ! (rires). Blague à part, on a eu un succès assez rapide, c'est vrai. Mais de l'intérieur, je peux t'assurer que c'est le fruit d'un gros travail. On n'a pas éclos du jour au lendemain, on n'a pas participé à une émission de télé-réalité, on a juste bossé dur en studio, on a développé notre image, fait beaucoup de presse. On apprécie donc notre succès actuel, on sait que c'est assez incroyable mais on a conscience de nos efforts.

Votre intention est-elle d'inventer le son de demain ?

Non, si tu penses pouvoir être capable de créer quelque chose de totalement inédit, c'est assez dangereux. Il vaut mieux ne pas avoir ça en tête et laisser la magie opérer. La musique doit venir naturellement, si ça donne quelque chose d'innovant au final, tant mieux. Mais ce n'est pas notre point de départ. Beaucoup de personnes disent que nous avons transformé la House en Pop. Si c'est le cas, ce n'est certainement pas volontaire. 

Après le succès énorme de 'Settle', avez-vous cette fois ressenti plus de pression sur vos épaules ? 

Notre label nous a laissé carte blanche et nous a fait totalement confiance. Du coup, c'était plus facile pour nous. Vu qu'on avait eu beaucoup de succès sur le premier opus, je pense aussi qu'ils ne pouvaient pas trop se permettre de nous mettre la pression… (rires) Tout s'est fait simplement et nous ne pensions pas être prêts aussi rapidement, pour tout te dire. On pensait qu'on aurait besoin de plus de temps mais on savait que l'album était prêt, on n'avait donc aucune raison de ne pas le sortir. On avait hâte aussi de repartir en tournée car c'est avant tout ce qu'on aime faire.

Lorde fait partie des featurings majeurs sur 'Caracal', qui est un album à dominante vocale. Comment avez-vous choisi vos invités ?

On voulait s'assurer que l'album soit vocal. On préfère écrire des titre vocaux plutôt que des titres club, c'est plus intéressant, plus complexe. Personnellement, j'adore rencontrer d'autres artistes pour faire évoluer notre musique, partager des énergies. Je trouve que c'est mieux que de rester dans sa chambre à faire de la musique club. On avait rencontré Lorde il y a quelques années aux Brit Awards. On avait adoré sa performance live de 'Royal' et le feeling est passé entre nous. On a profité de son passage à Londres pour bosser ensemble sur un morceau. Elle s'est impliquée à tous les niveaux. De toute façon, on n'envoie jamais nos beats à distance, on bosse toujours avec nos featurings en chair et en os. Si un artiste veut travailler avec nous, il doit faire en sorte de venir à nous, on doit être ensemble dans le studio. C'est peut-être la vieille école mais c'est comme ça que nous fonctionnons.

Peu de gens le savent mais vous êtes aussi DJ's. Vous mixez assez souvent quand vous n'êtes pas en tournée. C'est quelque chose qui vous parle ? 

On mixe tous les deux et on adore ça. C'est beaucoup de plaisir pour nous à chaque fois. On a conçu Disclosure comme un Live mais notre parcours musical prend sa source dans nos mixes en clubs et en afters. On mixe dès qu'on en a l'occasion, même si Howard préfère l'écriture au mix. Du coup, je fais de plus en plus de DJ sets seul aux platines, de manière anonyme la plupart du temps…

Quelque part, ça sous-entend que vous tenez à rester fidèles à la culture club ?

Tout à fait, l'underground est encore notre environnement de prédilection. Même si nos titres sont joués à la radio, on reste très proches de cette scène. La manière dont on compose nos beats, dont on consomme notre musique, notre approche du deejaying… On peut classer notre musique dans la catégorie Pop mais nous sommes foncièrement attachés à nos racines. 

Disclosure 'Caracal' (Barclay/Universal)

 

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