Robin Schulz, la révélation de l'année ? | DJMAG France - Suisse - Belgique

Robin Schulz a connu une année 2014 pleine de succès. Ce DJ-producteur allemand de 27 ans est passé du quasi-anonymat à celui de phénomène viral sur Internet... Portrait !

Il y a plusieurs indicateurs à prendre en considération quand vient le moment des classements et best-of juste avant Noël. Sans nul doute, Robin Schulz a fait sensation en 2014. Non seulement il s'est retrouvé dans les playlists de nombreux DJ's de tous bords (incitant même notre héros national David Guetta à en faire sa révélation de l'année) mais il a affolé les compteurs des plateformes de streaming. 

Avec son remix de 'Waves' pour Mr Probz, il a atteint la barre fatidique des 40 millions de vues sur Youtube ! Sur Spotify, ce même remix est le 8ème titre le plus écouté à l'échelle mondiale.

Et puis il y a eu ce remix pour le duo rock français Lilly Wood & The Prick, véritable sensation internationale. En France, ce remix a été sur-consommé, créant un buzz énorme à la fin de l'été, période durant laquelle il s'est avéré être le titre le plus recherché sur Shazam. Ce remix est aussi devenu le deuxième titre le plus streamé de l'année par les utilisateurs français de Spotify. Mais cette forte demande s'est aussi concrétisée en dehors de nos frontières. L'Allemand de 27 ans s'est ainsi hissé en tête des charts anglais, allemands et dans quelques autres pays européens ! 

La sortie fin Octobre de 'Prayer', son premier album en forme de compilation, lui a permis de rester sous les feux de la rampe, notamment grâce au single 'Sun Goes Down', qui s'avère finalement être son premier vrai succès en solo. 

Avant ça, son succès médiatique et public ne s'est appuyé que sur des remixes, dont l'origine était souvent de simples bootlegs persos, des "tanzbar" comme il s'en fait beaucoup en Allemagne (cela consiste à créer des versions dansantes de titres qui ne se prêtent pas à ça au départ). En ce sens, Robin Schulz mérite son titre de révélation de l'année, car passer d'une telle démarche au statut d'artiste de renommée internationale en si peu de temps, ce n'est pas donné à tout le monde ! 


Extraits de notre interview avec Robin Schulz

Interview publiée dans le magazine DJ MAG #06 d'Octobre-Novembre 2014. 

Beaucoup de personnes ont découvert ton nom seulement cet été mais tu as pourtant un long passif derrière toi. Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes débuts dans ta ville d'Osnabrück et tes premiers pas dans la "club culture" et la musique électronique ? 

La première chose déterminante, c'est que mon père était DJ, je l'ai donc vu à l'oeuvre dès ma plus tendre enfance. Un peu plus tard, j'ai décidé de devenir DJ à mon tour, j'ai acheté mon premier mixeur et j'ai commencé à tout apprendre par moi-même. Peu après, j'ai commencé à mixer dans des soirées à Osnabrück.

 

Les choses se sont faites comme ça, je n'ai pas contrôlé ni mon succès ni la popularité qui en découle.

Il y a une grande musicalité dans tes productions. As-tu reçu une formation musicale avant de composer sur ton ordinateur ? 

Et non, je n'ai pas honte de dire que je ne suis pas musicien, je n'ai appris à jouer d'aucun instrument. J'ai juste appris à maîtriser Ableton ! (rires)

Tu as remixé beaucoup d'artistes l'an passé. Comment définis-tu un bon remix, doit-il selon toi être très différent ou proche de l'original ?

La vérité est bien plus simple que ça. Je suis abonné à de nombreux chaînes Youtube et c'est là que je suis tombé sur les titres de Mr Probz et Lilly Wood & The Prick, avec la simple envie de rendre ces titres plus dansants. Je n'ai pas eu tort quand je vois à quel point ça a marché.

Ton succès principal, c'est donc ce remix de 'Prayer in C', un titre du duo pop-rock français Lilly Wood & the Prick. Tu es devenu #1 cet été dans plus de 20 pays. A la base, ce titre est une balade pop figurant sur leur album de 2012... Tu t'attendais du coup à un tel succès international ? 

Bien sûr que non ! Jamais je n'aurais pu m'attendre à un tel succès. Déjà, j'ai été surpris que le remix se classe #1 en Allemagne. Plein d'autres pays ont ensuite suivi et je n'en reviens toujours pas. Encore une fois, à la base, mon intention n'était que de faire une "tanzbar" comme on dit en Allemagne, à savoir une version dansante pour les clubs.  

'Prayer' est entre l'album et la compilation. Penses-tu déjà à sortir un album uniquement composé d'inédits ? 

Et bien figure-toi que je suis déjà en train de bosser dessus ! J'ai juste encore besoin de beaucoup de temps car je tourne encore beaucoup et j'ai besoin de temps pour tout finaliser.  

Il y a un an, tu remixais encore des projets purement underground comme Parra for Cuva. Est-ce que ta nouvelle popularité ne contredit pas tes racines ? 

Franchement, les choses se sont faites comme ça, je n'ai pas contrôlé ni mon succès ni la popularité qui en découle. Malgré tout le buzz qui plane autour de moi, les millions d'écoutes sur les plateformes et ma nouvelle popularité, je peux t'assurer que je n'ai pas l'intention de changer. Je vais rester le même homme. 

Pour te protéger, on dirait que tu fuis un peu les photos et que tu as opté pour entretenir une part de mystère, c'est bien ça ? 

Non, ce n'est pas vrai. Je fais beaucoup de photos, surtout avec les fans après mes DJ sets. Je garde juste mes grosses lunettes de soleil car j'en ai un peu fait ma marque de fabrique. C'est vrai que je n'aime pas les interviews filmées et les émissions TV car ça me stresse. C'est juste une question de caractère, je ne suis pas à l'aise avec cette part de mon métier. Je pense que les gens peuvent le comprendre et l'accepter.

En 2014, tu as joué à l'Ushuaïa Ibiza, au iTunes Festival de Londres et ton agenda est de plus en plus chargé. Quel est le gig idéal pour toi, festival ou club ?

Je suis incapable de choisir entre les clubs et les festivals. J'adore les petits clubs car je viens de là mais je prends aussi beaucoup de plaisir à jouer sur la scène des festivals. A chaque fois, c'est différent. En club, c'est souvent sombre et transpirant. En festivals, c'est souvent très lumineux et ensoleillé, pour peu que ce soit en plein air. 

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