Interview : Watermät | DJMAG France - Suisse - Belgique

Difficile d'échapper à la tornade 'Bullit' depuis plusieurs mois. Le titre du Français Watermät a créé un vrai engouement, que ce soit à Ibiza, sur les ondes FM et du côté des DJ's de tous bords... Rencontre !

Watermät a résonné tout l'été à Ibiza avec son titre 'Bullit', parmi les plus recherchés sur Shazam. Il faut dire que de nombreux DJ's l'ont inséré dans leur DJ sets, incluant même les têtes d'affiche EDM comme Tiësto, David Guetta, Avicii et Martin Garrix.Depuis, les radios se sont emparés du phénomène, en le plaçant en hautes rotations sur leurs ondes. Signé sur Spinnin, ce titre retient l'attention dès la première écoute, avec sa petite flute et son synthé bien gras qui vient contredire un groove deep-house plutôt suave et mélancolique. Alors que le clip vidéo est sur le point de franchir le cap des 6 millions de vues, nous avons rencontré Laurent Arriau, producteur parisien qui tient à garder quelques parts d'ombre autour de son pseudo Watermat, à consonance bien plus germanique que gauloise...

En lançant mon pseudo Watermät, je voulais me faire plaisir sans penser à aucun formatage particulier.

On te connaît depuis assez peu de temps. Depuis quand es-tu dans le monde de la musique ?

Cela fait quelques années que je suis producteur de façon professionnelle. Mais pendant longtemps j’étais au service d’autres artistes. J’étais plus du côté du studio que dans la lumière. Et j’ai tout simplement voulu lancer mon propre projet musical. Je voulais me faire plaisir sans penser à aucun formatage particulier. J'ai donc produit mon premier titre sous le nom de Watermät il y a un an, en Octobre 2013.

Tu fais partie des DJ-producteurs français qui ont signé sur le label Spinnin. Comment tout a commencé ? 

'Bullit' est un track que j’ai produit pendant les vacances de Noël, en quelques jours. Je l'ai terminé début Janvier et je l’ai mis sur Soundcloud en Février. Je l’ai envoyé à quelques directeurs artistiques de labels, dont Spinnin. Et dans la journée, Spinnin m’a recontacté pour me dire qu’ils souhaitaient signer le titre sur leur label Spinnin Deep ! La machine était lancée. 

C’est donc une mélodie qui t’est venue à l’esprit en quelques minutes ? 

Je procède toujours de la même manière : je travaille 90% du titre en 2 heures puis il me faut deux semaines pour les 10% restants. Au début, l’idée est là, puis après tu peaufines les effets, le mixage… 

Il y a une partie importante de flute dans 'Bullit'. Es-tu toi-même musicien ? 

A la base, je suis guitariste. J’ai donc une formation de musicien et je joue aussi du piano… Et ça m’a pas mal aidé, notamment quand je produisais pour d’autres artistes. 

Pour tout ce qui électronique, tu es plutôt analogique ou software ? 

Je mentirais si je disais que je fais des titres sur des instruments analogiques. Honnêtement, il y a d'excellents plug-in maintenant. Donc je préfère m’en servir, c’est plus simple !

Tu as reçu le soutien de tous les gros DJs de la planète (Pete Tong, Tiësto…) pour 'Bullit'. Qu’est-ce que ça fait ? 

Le premier soutien que j’ai reçu, c’est celui de The Magician. Et on a eu énormément de feedbacks d’un coup. Beaucoup plus que d’habitudes. Les gens disaient "On est là grâce au Magicien". C’était assez drôle de voir ça ! Et puis un jour on a appris que Pete Tong avait sélectionné le titre comme Essential New Tune. Ce qui a certainement conduit les DJs EDM comme Tiësto à jouer le track. De mon côté, tout ça m'a paru assez improbable ! 

Quels sont les artistes qui t’influencent aujourd’hui ? 

J’écoute pas mal d’artistes que certains classent comme Deep/House. Mais je n’aime pas beaucoup ce terme. Aujourd’hui on évolue vers plein de styles, et des personnes mettent des noms à tout. Il y a la  "Super House", la "Future House". Je ne vois pas trop ce que ça veut dire. Moi, j’aime beaucoup des artistes comme Super Flu et Kölsch

On voit que tu mises beaucoup sur l'originalité de tes titres. Il y a une sorte de renouvellement continu dans ta musique. C’est un objectif que tu t'es fixé ? 

J’essaye de garder une même patte, pour qu’on puisse reconnaître ma musique. Mais garder la même recette, ce n’est pas mon genre. On le voit pas mal dans certains styles, et je n’aime pas trop ça. Je ne me demande pas si mon titre va avoir du succès ou non.

Du coup, tu es étonné de voir ton titre autant diffusé en radio ? 

Ah ouais carrément ! Je me suis même fait la réflexion : Qu’est-ce qu'il se passe, il y a un problème !?  (rires)

On t’a vu en studio avec Don Diablo récemment. Peux-tu nous en dire plus ? 

Il y a quelque temps, Spinnin a organisé un événement dans un grand studio. Il y avait plein de chanteurs, de producteurs… Et on s’est rencontré à ce moment-là, il m’a parlé d’un titre qu’il avait en tête. Il trouvait que la vibe m’allait bien. On a commencé à travailler dessus. Chacun a rajouté sa petite touche. J’ai retrouvé un son que j’avais mis dans un autre morceau. Et là on s’est regardé et on a compris que le titre était vraiment bon ! 

Du coup, c’est une collab’ qui se rapproche plus de ton style ou du sien ? 

Et bien c’est plutôt un track qui se rapproche de mon style musical. J’ai un peu tiré la corde vers moi, j'avoue... (rires)

D'autres nouveautés à venir ? 

Evidemment oui ! Même si je tourne pas mal en ce moment, donc j’ai peu de temps pour vraiment bosser tranquillement en studio. D’un côté c’est pas mal, je peux tester pleins de trucs dans mes sets. J’ai aussi deux remixes prêts à sortir.

Il y a beaucoup d’artistes qui se mettent à faire des Live plutôt que des DJ Sets. En fais-tu partie ?

Quand j’aurais des dizaines de titres produits par moi-même, je pense que je pourrai m’y mettre. En attendant, j’aime beaucoup le format DJ Set. J’aime jouer la musique des autres, mélanger les ingrédients… Je m’amuse comme ça, en partageant mes influences, de la House à Prince

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