À l’occasion de son set sur la scène Mad Decent du festival Mysteryland 2017, Grandtheft a répondu à nos questions. Au menu, sa musique, son état d’esprit et sa vision de l’industrie musicale actuelle.

C’est depuis Toronto, au Canada, que Grandtheft a produit la plupart de ses célèbres tracks inscrits au Panthéon de la Bass Music. Fort d’un style Trap polyvalent et collaborant avec les pointures du domaine, il est rapidement amené à travailler avec la légende Diplo chez qui il signe sur le label Mad Decent. Avec son EP ‘Quit This City’ en 2015, Grandtheft s’ouvre alors à une plus large audience, flirtant alors avec une Electro-Pop inspirée par ses propres courants musicaux. Après des dizaines de millions d’écoutes, des featurings avec Major Lazer, Christian Rich ou TroyBoi et des tournées aux quatre coins du monde (Coachella, Ultra, TomorrowWorld, EDC, etc.), son dernier titre ‘Easy Go’ a connu un énorme succès sur les différentes plateformes de streaming. Grandtheft fait aujourd’hui partie des grands, indéniablement. 

Dans la musique électronique, il est spécial et unique d’avoir de vrais joueurs d’instruments qui collaborent avec vous.

Tu t’es essayé à de nombreux genres depuis que tu as commencé il y a sept ans : la House, le Moombahton, la Bass-House, la Trap… même la Disco ! Où est-ce que tu te positionnerais aujourd’hui ?

Je me suis toujours efforcé de créer différents types de musique. Cela me vient d’une volonté profonde d’avoir des goûts toujours éclectiques et d’apprendre constamment. Ça a toujours été une histoire de musique qui me fait bouger moi et les dancefloors : quoiqu’il en soit, il s’agit généralement de Bass Music avec des influences Dancehall. Même si je fais encore beaucoup de choses différentes et notamment quelques titres House, mon public a quand même tendance à aimer ma Trap et mes beats du genre. Du coup, il est vrai que je continue à en produire majoritairement.

Ton track 'Easy Go' a été un énorme succès avec près de 15 millions d’écoutes, et ce juste sur Spotify ! Comment s’est passée la collaboration avec la chanteuse Delaney Jane et travaillerez-vous ensemble à nouveau ?

Delaney est la meilleure. C’est tellement dingue de voir jusqu’où est allé ce son ! On était dans le Top 40 Pop Radio aux USA et dans le Top 20 au Canada. Qui sait, peut-être que nous avons écrit d’autres trucs ensemble ? (rires)

Vous avez récemment sorti une version acoustique et on doit avouer que c’est assez peu commun de la part d’un DJ-producteur catégorié Trap. Comment avez-vous travaillé dessus et quelles étaient vos directives ?

Ma formation au piano m'a bien aidé, j'en joue depuis que j’ai 5 ans. J’ai pensé que ça pouvait être une chose vraiment cool et un beau challenge de mettre en place une telle version. Nous étions partis pour faire une formation acoustique complète mais j’ai décidé que juste le piano et la voix feraient la différence. Il y avait moyen de faire briller la chanson… autrement. J’ai écrit un arrangement de piano totalement différent avec d’autres accords et Delaney a changé son style vocal, que j’ai adoré. On voulait vraiment présenter quelque chose de pur et d’émotionnel.

Tu as collaboré avec beaucoup d’artistes aux critères précis : on pense notamment aux cuivres de Brasstracks ou aux batteries électroniques de Keys'N'Krates. Est-ce que tu as un faible pour les instrumentalistes ?

Ouais, absolument ! Je suis un musicien avant tout et j’adore utiliser des instruments et des sons organiques pour les incorporer dans mes morceaux. Dans la musique électronique, il est spécial et unique d’avoir de vrais joueurs d’instruments qui collaborent avec vous.

Si l’on exclut tous les changements rapides qui se font dans le business musical, je crois que la plupart de la bonne musique a souvent une bonne chance de trouver son public.

Tu n’as pour le moment sorti aucun titre en 2017… Sur quoi es-tu en train de travailler en ce moment ?

J’ai TELLEMENT de nouvelles chansons… Certaines sont quasiment finies et il y en a des tonnes de terminées. J’ai été beaucoup en tournée et je n'ai donc pas pu passer assez de temps en studio. J’ai un single, ‘Square One’, qui arrive très bientôt et je suis en train de terminer un EP entier pour cet automne. Je suis super excité à propos de tout ce qui se prépare – c’est ce que j’ai de meilleur jusqu’à maintenant.

Quel est ton point de vue sur l’état actuel de la musique électronique, avec l’arrivée des nouvelles technologies, l’évolution d’Internet et l'incertitude autour de plateformes comme Soundcloud, qui te tient à coeur ?

L’industrie est en mouvement constant. Je me suis fait connaître grâce à Soundcloud et désormais, tout semble tourner autour de Spotify. En fin de compte, il y a tellement de désordre, tellement de morceaux en ligne qu’il est maintenant difficile pour la bonne musique et les bons artistes d’être entendus. L’époque bénie de SoundCloud me manque. Je me souviens que j’avais l’habitude d’y mettre n’importe quoi dès que je l’avais terminé. C’était vraiment très simple et maintenant, tout semble plus compliqué. Ceci dit, étant à la fois un internaute et un artiste, j’aime beaucoup Spotify. Si l’on exclut tous les changements rapides qui se font dans le business musical, je crois que la plupart de la bonne musique a souvent une bonne chance de trouver son public.

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