Retour sur la première édition du festival Lollapalooza à Paris...

Depuis 1991, le Lollapalooza se démarque au sein de la liste des grands festivals mondiaux. Après un succès grandissant et des implantations aux quatre coins du monde, la marque américaine portée par le géant Live Nation a effectué sa première en France les 22 & 23 juillet.. Pari réussi ?

Après Berlin, Paris est la second ville européenne à accueillir Lollapalooza. Si l’hexagone disposait déjà de quelques perles événementielles, l’arrivée d’un tel mastodonte n’est pas à prendre à la légère : prenant place au sein de l’Hippodrome de Longchamp, le Lollapalooza a eu l’audace d’apporter un line-up très américain et vraiment qualitatif.

Loin d’être un festival porté entièrement sur la musique électronique, celui-ci s’organisait sur quatre scènes importantes : la Main Stage 1 (The Weeknd, The Roots ou The Red Hot Chilli Peppers), la Main Stage 2 (Lana Del Rey, Imagine Dragons…), l’Alternative Stage (London Grammar, Alt-J, etc.) ainsi que la Perry’s Stage, centrée uniquement sur le deejaying. Si cette dernière partie aura logiquement plus retenu notre attention, impossible de ne pas mentionner la performance de l’ensemble des autres artistes, chanteurs, rappeurs (IAM était également de la partie !) et musiciens qui ont su apporter une touche instrumentale excellente. Dans chaque domaine, il s’agissait de grandes pointures et le closing de Red Hot Chilli Peppers était quelque chose à ne pas manquer… sauf si vous êtes férus de DJ Snake !

 


La Perry’s Stage a su accueillir elle aussi de gros noms de l’univers électronique et, notamment, des artistes Bass Music renommés, plutôt très rares par chez nous. Se sont ainsi produits des artistes comme Marshmello, NGHTMRE, Slushii ou encore Yellow Claw pour des sets tout à fait explosifs.

Une véritable décharge d’énergie, avec un public dense et surtout très réactif ! DJ Snake, en closing du festival, a su à nouveau enflammer la foule avec son set habituel (on notera le Wall of The Death de la fin, incroyable !) aux côtés d’artistes aux styles différents. De la Trap colorée de Marshmello à celle énervée de NGHTMRE, en passant aussi par le dubstep polyvalent de Slushii ou la Bass de l’excellent trio Black Tiger Sex Machine, on a du mal à trouver de véritables défauts à ces différentes prestations.

Il est également important de faire hommage à la House de Moksi et de Joyride (certainement l’un des meilleurs sets des deux jours de festival) ainsi que la messe de Tchami, toujours un grand succès mérité. Oliver Heldens, lui aussi, a su tenir son public en haleine malgré une baisse d’intensité avec son prédécesseur (qui était l’américain Jauz, forcément…).

Puis, il y avait d’autres DJ’s au public plus large, pas toujours bien emboîtés dans la timetable mais faisant office de valeurs sûres. Don Diablo a livré un set EDM assez gentillet et Martin Solveig s’est illustré dans une heure de bonne humeur musicale, piochant ci-et-là dans plusieurs courants toujours très dynamiques. Ceci dit, si l’ensemble des prestations se sont avérées comme de très bonnes surprises, le Lollapalooza a encore quelques petits progrès à faire sur l’univers qu’il essaie d’instaurer. Malgré un effort certain d’originalité (une fausse Tour Eiffel plantée au centre du lieu, par exemple), celui-ci nous paraît encore trop faible pour réellement s’imposer comme un environnement unique.

Les scènes ne disposaient pas spécialement de lightshows exceptionnels et malheureusement, le festival se terminant à 23h30, il n’était pas possible de profiter grandement de la nuit et son aspect résolument festif. Ou même d’apprécier véritablement les effets visuels ! De plus, la Perry’s Stage manquait, à notre goût, d’un peu de grandeur. Le quart d’heure de silence total entre chaque artiste nous a lui aussi paru un peu abusif. Et pour couronner le tout, la météo n’était pas au rendez-vous avec de la bruine régulière et des températures assez fraîches… Heureusement, l'ambiance était joviale, notamment grâce à l'aspect très international du public !

Malgré tout, le Lollapalooza a su proposer d’excellents divertissements et valait vraiment le coup pour les prestations de ses artistes plutôt que pour le show qu’il apporte de lui-même. On appréciera tout de même l'amabilité du staff et des services proposés (boissons, nourritures, etc.) ainsi que leur réactivité (des toilettes ont été rajoutées la nuit pour combler la demande visiblement trop importante le premier jour).

Enfin, mention spéciale aux nombreux After officiels se déroulant dans plusieurs discothèques parisiennes le vendredi et samedi soir, invitant quelques artistes de renom comme Club Cheval ou Quest Love. Et, surtout, la soirée très réussie de Chwet à la Clairière avec au programme l’américain Kayzo (une première en France !), accompagné de Pegboard Nerds et Loge21. Une excellente soirée Bass Music dans un lieu original et frais qui a su combler les ardeurs des gourmands : du tout bon. Un week-end éprouvant… mais complet !

Crédits photos : Afterdepth, Nicko Guihal

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