Que d'aventures pour cette première journée : entre le désistement d'un de ses headliners et l'apparition surprise de la plus grosse star Française du moment, retour en mots et images sur les premiers instants de l'EMF.

Jeudi 13 juillet. Port-Barcarès. Au lendemain de notre Pool Party DJ Mag d'ouveture, le plus gros festival de musique électronique français a donné le top départ de l'une des courses les plus éreintantes de l’été. Après quatre éditions au succès croissant – avoisinant même les 180 000 festivaliers l’année dernière –, l’EMF est aujourd’hui un rouleau compresseur événementiel, capable de déplacer des hordes de fans venus de toute l'Europe pour vibrer sur les sets des plus grands DJ’s...

Si l’EMF dispose d’un line-up conséquent sur ses 4 scènes, il n'est pas épargné par les imprévus de dernière minute. L'une de ses plus grosses têtes d’affiche, Eric Prydz, a ainsi prévenu tard la veille au soir qu'il ne serait finalement pas en mesure d'assurer son show, pourtant très attendu… Un véritable coup de massue pour les organisateurs, qui ont ainsi demandé en dernière minute à Nervo et Tiësto d'allonger un peu la durée de leurs sets pour combler l'absence du Suédois, apparemment bien malade et contraint de rester à Ibiza, où sa résidence hebdomadaire au est l'une des plus commentées cet été.

 

Alors que le site commençait à se remplir en début d'après-midi,  le boucher Tony Romera a pris possession de la main stage dès 15h30 – bien trop tôt à notre goût – pour assumer une puissance musicale encore trop peu présente au sein de ce type d’événements. Cette valeur sûre et (encore) montante de la scène française a prouvé une fois de plus sa légitimité. Puis, le tour des mastodontes est arrivé jusqu'au coucher de soleil et la bonne humeur contagieuse des soeurs Nervo, suivies de près par la légende Tiësto, tous déjà familiers de l'EMF. Une impression de déjà vu s'est alors emparée de nous, la faute à une EDM traditionnelle et peu audacieuse. Seul le dernier tiers de la star néerlandaise a apporté un peu de fraîcheur, opérant dans une Trap et Future Bass souvent méchante et colorée : une transition finement taillée pour l’artiste suivant, gardé secret jusqu'à la dernière minute... DJ Snake. Cette belle surprise est apparue sur la main stage à 23h20. Sans étonnement, le DJ star a réussi sans mal à enflammer son public, et ce dès son introduction ultra-stylisée et à la pression croissante. Véritable cocote minute, toute la fosse de l’EMF a finalement explosé dès le premier drop du français.

 

@djsnake live #emf2017

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Inexorablement, DJ Snake dispose de cette capacité unique à délivrer une violence intense, directement tirée des courants Bass Music les plus énervés, tout en gardant une proximité impressionnante et une sentimentalité – souvent patriotique – des plus personnelles. Un set brillant et, qui plus est, porteur de bonnes nouvelles puisque l’artiste y a annoncé l’arrivée imminente de nouveaux titres.

Quant à l’heure et demie de closing restante, attribuée au mythique Deadmau5 – il s’agissait de son premier festival Français ! – difficile d’en tirer un ressenti unanime. Déjà parce que la transition musicale avec un artiste comme DJ Snake est difficile mais aussi et surtout parce que toute l’excentricité du personnage s’est exprimée sur scène. Si la première moitié de set s’avérait franchement prometteuse, couronnée par certains de ses grands classiques, le troll a repris le dessus sur l'artiste, abusant des clichés et manies vocales d'autres DJ’s (il s'est souvent amusé à scander "put your motherf***ing hands up in the air" en pouffant de rire), n’hésitant pas à se moquer ouvertement de son public et -surtout- de ses collègues. Un humour noir à double-tranchant, pas toujours bien interprété de la part de certains festivaliers et témoignant surtout d’un enthousiasme vraiment minime. Puis, la présence importante de moments de flottement, sans drop ni beat, usant uniquement de synthés très planants, ont fini par décourager beaucoup de fans, qui ne s'attendaient certainement pas à une si grosse baisse d'énergie en conclusion de ce premier jour. Le Canadien a conclu sur un dubstep assez perché, en total contraste avec l'énegie qui l'avait précédée sur cette main stage très impressionnante cette année. Toute habillée de LEDs, y compris au plafond, la scène a vraiment tenu toute ses promesses, avec des effets visuels de tout premier plan.

Du côté des autres scènes, l'affluence n'a fait que fluctuer tout au long de la journée et de la soirée. La nouvelle scène hardcore Revolution By Che, située face à la mer derrière Le Lydia, a réussi à capter un public de plusieurs centaines de personnes tout du long, ce qui n'a pas été le cas de la Beach Stage et du chapiteau Techno, nettement moins fréquentés. Apollonia et Dixon, par exemple, ont dû se contenter de quelques grappes de fans très esseulés sous cette énorme chapiteau.

Quoi qu'il en soit, la nouvelle configuration du festival, avec sa grande zone piétonne à l'entrée et l'élargissement de la zone festive suite au déplacement de la Beach Stage sur le côté du paquebot, a quelque peu déstabilisé les habitués. Mais l'impression de grandeur n'en est que plus renforcée au final, donnant à Electrobeach encore plus de grandeur et de diversité pour ces deux jours restants.

Photos : ©Anthony Ghnassia

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