Le collectif Chwet élève la Bass Music dans l’Hexagone au rang supérieur. Nous nous sommes rendus à la 8ème édition de leur soirée phare, Animalz...

Si Chwet est déjà à l’origine des renommées soirées Splash et Jungle Juice - qui s’illustrent respectivement dans les genres dubstep et drum'n'bass - ainsi que dans bon nombre de concerts indépendants, le collectif français est tout aussi connu pour organiser Animalz deux fois par an avec le soutien du géant Live Nation.

Connue pour être la plus grosse soirée Bass Music indoor de France, hors-festival, cette fête a investi les Docks Pullman, un hangar géant à la capacité dépassant les 7000 personnes, le 15 avril dernier. La salle était comble et le show, visuel comme auditif, était un véritable régal...Après avoir accueilli des têtes d’affiche renommées comme Noisia, Zomboy, Excision, Dirtyphonics ou encore Getter, c’était au tour du Canadien Datsik d'occuper le haut de l'affiche. À ses côtés, pas moins de 17 artistes internationaux, allant d’Audio, Cookie Monsta, Funtcase à The Prototypes, Trollphace, Phiso en passant par les néerlandais Franky Nuts, Lifecycle, Hebbe ou Nicon. Un line-up monstrueux programmé de 21h à 7h du matin !

Il suffisait d’ailleurs de se balader simplement dans Aubervilliers pour se rendre compte de l’impressionnant engouement de la part des participants. Les premières basses annonçaient des sets électriques pour une fosse avide de brutalité : des sourires, des pas de danse, des pogos et de nombreuses autres "joyeusetés" nous ont rappelé que, malgré la certaine bestialité offerte par la dubstep, la drum and bass, la trap et leurs différents sous-genres plus ou moins sanguinolents, nous avions bien à faire à un public présent pour l’amour de la musique, impatient de se détacher du quotidien, se laissant aller à une puissante communion festive. Les soirées Animalz n’ont jamais manqué d’ambiance, et sans doute cette dernière édition s’est inscrite parmi les plus énergiques !

Les artistes, quant à eux, ont su offrir aux milliers de clubbers ce qu’ils attendaient en grande partie : du rythme. Si Datsik a montré qu’il était définitivement l’un des grands de la scène, on retiendra le très bon b2b de Cookie Monsta et de l’énervé Funtcase, deux petites légendes du domaine, qui ont d’ailleurs été rejoints par Datsik lui-même vers les dernières minutes pour une collaboration inattendue. Phiso, notamment connu pour son ‘Jotaro’ qu’il n’a bien sûr pas hésité à jouer, a pondu une heure d’efficacité sans forcément œuvrer dans l’originalité, tandis que le boucher Trollphace s’est illustré dans un dubstep ravageur, saupoudré d’un trap réellement tabassante. Un régal !

La drum and bass n’était pas en reste avec le duo Killbox, composé d’Audio et d’Ed Rush, qui faisait ici une première représentation française survoltée, tout simplement excellente. 

Des heures de son affutées pour une technique impressionnante : sound-system au poil et light-show mirobolant ont permis de pleinement satisfaire le public. La scénographie et le mapping, quant à eux, se sont montrés toujours au niveau de l’événement même si notre préférence va tout de même à ceux de la précédente édition, peut-être plus agressifs et audacieux. Peu importe, le show était impressionnant et surtout desservi par un agencement bien huilé. 

Les Animalz ont su cette fois encore entretenir leur réputation irréprochable. Peu de file d’attente, un staff disponible, efficace et franchement souriant, capable d’encadrer et gérer les débordements sans les aggraver et aux aguets pour rendre les affaires disparues sur les réseaux sociaux…

Avant tout, cette 8ème Animalz a souligné l’émergence de la Bass en France, qui continue de grandir au détriment d’autres scènes plus commerciales, qui commencent elles-mêmes à s’y intéresser. D’ici la neuvième itération probablement en fin d’année, Chwet et Live Nation travailleront avec Lollapalooza, nouveau venu en France, pour y placer quelques artistes majeurs et surtout une After officielle...

Crédits photos : Mysta & Wozniak

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