Tête d'affiche de la soirée Animalz ce samedi 15 avril à Paris, Datsik est l'un des leaders de la scène Bass Music, autrefois appelée "Dubstep". Le Canadien nous a accordé une interview pleine de bon sens...

On ne peut pas dire que Datsik, de son vrai nom Troy Beetles, en soit à ses premiers coups d'essai. Le DJ-producteur canadien de 28 ans est une figure incontournable de la scène Bass Music aux côtés de ses amis Bassnectar ou Excision. Un artiste à la carrière bien établie et au style aiguisé qui a su ne pas tomber dans le piège de la catégorisation, se mouvant à travers les styles. Alors qu'il se produira en tête d'affiche de la soirée Animalz (la plus grande soirée indoor dédiée à la Bass Music en France) ce samedi 15 avril, il s'est confié à nous avec sincérité...


J’adore mélanger les choses pour les orienter vers une voie inattendue, à laquelle les gens ne s’attendent pas. Je pense qu’en faisant des choix qui semblent étranges, tu peux arriver à des fins réellement intéressantes.


Que ressens-tu à l'idée de revenir à Paris en tant que tête d’affiche de la plus grosse soirée Bass Music indoor organisée dans notre pays ?

Honnêtement, je suis juste super excité de revenir en France ! J’adore jouer ici, l’énergie et l’ambiance sont vraiment dingues… Et j’adore la cuisine française ! Je trouve ça toujours fou de constater que ma musique puisse m'amener à parcourir la planète. Je suis vraiment reconnaissant d’avoir cette opportunité de rencontrer de nouvelles personnes et d’apprendre de nouvelles cultures.

Tu as beaucoup contribué à l’avènement du "dubstep", avant qu'on ne parle de "Bass Music"… Comment analyses-tu les évolutions de ta scène musicale ?

C’est incroyable de voir comment les gens peuvent être ouverts à des styles de musique différents alors que ceux-ci évoluent constamment. C’est toute la beauté d’aller à un show "Bass Music" plutôt qu’à une soirée strictement "Dubstep". Tu peux vraiment jouer de tout dans l’éventail Bass Music, que ce soit du dubstep, du hip-hop, de la trap, de la drum'n'bass, de la bass house ou peu importe. Moi, je considère ça comme plusieurs plats dans une journée… Tu ne veux pas manger la même chose tout le temps. La diversité fait du bien, réellement. Et bien que j’aime beaucoup le bacon, je ne vais pas en prendre à chaque repas car il y a clairement un risque que j’en devienne malade.  

Comment abordes-tu l’explosion commerciale de la trap ces dernières années ? 

Je trouve que tout peut être génial, avec modération. Le truc, c’est que tu n’as pas à écouter soit l’un, soit l’autre… Tu peux écouter de tout. Peut-être un ou deux excellents morceaux Trap, avec une poignée de Dubstep de taré, et un peu de bass-house cool. Les gens ont tendance à rester bloqués dans leur propre monde, et c’est comme ça que l’on rate la plupart des autres trucs complètement fous. La musique, c’est garder un esprit ouvert et savoir l’interpréter à sa façon. Après, il peut y avoir des musiques inappropriées à certains moments ou à certains endroits...

On sait que tu es assez éclectique dans tes goûts musicaux et dans tes productions. Qu’est-ce que ça fait d’avoir collaboré avec Korn, le Wu-Tang Clan ou encore Snoop Dogg ? Le mélange des cultures est-il une façon pour toi de t’épanouir davantage et faire avancer l’industrie musicale ?

J’ai toujours été un fan des collaborations. J’adore mélanger les choses pour les orienter vers une voie inattendue, à laquelle les gens ne s’attendaient pas. Je pense qu’en faisant des choix qui semblent étranges, tu peux arriver à des fins réellement intéressantes et des résultats très différents. C’est important de toujours rester diversifié et de créer ton propre son dans cette industrie, sinon tu es victime d’une tendance et c’est une très mauvaise position quand tu es producteur ou DJ. En musique, il t'arrive vite d’être étiqueté dans un genre. En tant qu’artiste, tu dois essayer de transcender ton style et de vraiment faire ta propre musique. C’est ce qui amène à la longévité dans une industrie qui bouge tout le temps !  

La musique, c’est garder un esprit ouvert et savoir l’interpréter à notre façon.

D'où vient l'inspiration japonaise autour de ton travail ? 

J’aime vraiment beaucoup la culture Japonaise, leur cuisine, et particulièrement tout le respect qu’ils montrent à leur prochain. Je trouve ça admirable. Tout le monde devrait emprunter un peu à leur culture. Je suis aussi un gros fan de ninjas, ceci explique cela ! (rires)

Justement, le Ninja Tour… C’était comment ? 

Le Ninja Tour 2017 était définitivement dantesque. C’était ma huitième tournée en bus, mais celle-ci fut de loin la plus grosse que j’ai jamais pu faire. On a fait preque sold-out sur toutes les dates, rencontré des centaines de nouvelles personnes, eu une équipe au top, une tonne de sound-systems et d’artistes géniaux avec nous… Je ne pouvais pas demander mieux !

Quels sont tes souvenirs Live les plus marquants ? Sens-tu que ta musique est perçue différemment selon les continents ?

C’est ce que je dirais, oui... Certains endroits sont très attachés à leur dubstep, d’autres deviennent fous à l’écoute de la moindre tourne drum'n'bass ! J’aime beaucoup la diversité et c’est ce qui me permet de rester debout en tant que DJ. J’adore voir mes amis jouer aux quatre coins du globe… C’est probablement le seul job qui te permet de faire tout ça, alors j’essaie de ne pas prendre tout pour acquis.

Il y a encore des recoins musicaux que tu n’as pas encore exploré.... Dans lesquels aimerais-tu t’aventurer ? 

Il y a tant de voies à explorer… C'est pour ça que j’ai notamment créé un autre alias, Ephwurd, sous lequel j'agis en duo avec mon pote Bais Haus. Nous avons principalement composé des tracks Bass House jusqu’à présent mais notre nouvel EP est aussi plein de pop, avec des gros twists à l’intérieur, ce qui est vraiment fun à écrire. C’est tellement différent de Datsik… Je pense que ça m’intriguera toujours. J’aimerais aussi beaucoup faire du sound design pour des films, un jour. Ça pourrait être vraiment amusant.

Ton nom Datsik provient justement de ton pseudo sur Xbox quand tu jouais à Halo, il y a quelques années… Comment fais-tu le lien entre le jeu vidéo et la Bass Music, qui ont tout de même certaines similitudes ? 

J’ai toujours été un gamer très assidu… Certains des jeux du moment ont des sound-design ou des soundtracks vraiment géniales et je trouve ça très cool que notre génération puisse en être si proche. Peut-être qu’un jour viendra où je pourrais faire quelque chose pour un jeu vidéo. Pour Mortal Kombat, j’aimerais beaucoup ! (rires)

Quoi de prévu lors de ton passage à Paris ce samedi ? Y-a-t-il des artistes français que tu aimerais rencontrer ou revoir ?

Je vais explorer la ville davantage, manger des tonnes de bons plats et sortir m’éclater un peu avec les promoteurs qui m’ont permis de revenir ici. La Bass Music est un peu comme une grande famille et je suis vraiment content de pouvoir à nouveau me plonger dans la culture française avec mes amis ! Ça s'annonce bien.

Datsik jouera en tête d'affiche de la soirée Animalz ce Samedi 15 Avril - Billetterie disponible ici

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