Avec une electro-pop taillée sur mesure, Seeb s'est rapidement fait une belle place en haut des charts Dance. Le trio norvégien se livre sur son parcours à l'occasion d'un guest mix spécialement conçu pour nous...

En un peu moins de deux ans, Seeb a réussi à se hisser en haut des charts mondiaux avec plus d'un milliard d'écoutes sur les différentes plateformes de streaming. Un score impressionnant, propulsé par le succès de plusieurs de leurs remixes et productions originales qui témoignent de l'inspiration débordante de ces mélomanes norvégiens. En plus de nous délivrer un excellent guest mix, Seeb nous parle de son histoire, de sa réussite et de sa vision de la musique électronique...


Les voix, le message et l’énergie : c’est tout ce dont il est question. Si vous avez les trois, vous pouvez vous connecter avec les gens.


Comment votre trio s'est-il formé ? Peut-on parler d’alchimie entre vous ?
Nous sommes effectivement assez fusionnels et nous avons décidé de transformer notre duo originel avec l'arrivée de Nick. Nous travaillons bien ensemble et sentons vraiment que nous pouvons être plus créatifs à trois.  

Comment vous répartissez-vous les tâches en studio ? Est-ce que chacun d’entre vous apporte ses propres compétences de façon complémentaire ?
Nous avons chacun des compétences différentes et nous essayons de les combiner de façon naturelle. Nous discutons beaucoup… Mais c’est toujours celui avec la meilleure idée qui l’emporte. Simen et moi (Espen) commençons souvent à élaborer des idées de notre côté tandis que Nick nous rejoint en cour de production, une fois que nous tenons une certaine base musicale. Ensuite, nous faisons des "allers retours" jusqu’à ce que le morceau soit terminé, ou au contraire, jusqu’à ce que nous décidions de le mettre à la corbeille. Cela arrive de temps en temps.

Est-ce qu’il est difficile de définir votre musique ?
Au début, nous ne savions franchement pas comment les autres personnes nous appréhendaient, nous et notre "son". Cela a pris du temps avant que nous comprenions ce qui nous caractérisait vraiment. C'est nécessaire de prendre un peu de recul et recevoir des avis extérieurs pour vraiment comprendre ce que vous êtes en train de faire.

Vous avez un large éventail musical : y-a-t-il des artistes précis qui vous ont influencé ?
Simen :
J’ai toujours écouté des artistes différents, dans différents genres, mais dans la musique électronique, je suis tombé amoureux des années 90 avec Massive Attack, Portishead, Everything But The Girl ou William Orbit. Récemment, mes favoris sont clairement Flume, Skrillex et The Chainsmokers.

Espen : J’ai été très influencé par la musique électronique des années 80 et 90, avec des artistes comme Depeche Mode, Nitzer Ebb, David Sylvian, DJ Shadow, Goldie, ou Massive Attack puis par la scène plus House et Techno dans le milieu des années 90. J’étais le premier en Scandinavie à sortir de la Drum and Bass - enfin, c’était plutôt appelé de la Jungle à l'époque en 1995. Récemment, j’ai adoré Aluna George, Flume, Shura et The Weeknd, entre autres.

Nick : J’ai grandi en écoutant de l’EDM de la Dance Music et certaines de mes plus grandes influences sont clairement Deadmau5, Daft Punk et Justice. J’aime leur énergie et leurs sonorités mélodiques.

Récemment, la scène électronique norvégienne a eu une belle montée en puissance avec Lemaitre, Alan Walker, Bearson ou encore Kygo… Pourquoi la Norvège est-elle si bonne ? Des idées ?
C’est probablement parce que les artistes norvégiens de musique électronique ont dû aller à l’étranger pour se faire entendre. La scène locale a été difficile pour la musique électronique mainstream, elle était surtout dominée par le folk, le rock et l’indie. Tout ça s’est renouvelé quand un ou deux artistes ont percé : les gens se sont soudainement rendus compte qu’il y avait une autre musique norvégienne vraiment cool… Et ça s’est propagé. Il y a aussi un rapport un peu bizarre avec ce mélange de froid et cet espèce d’hiver déprimant, avec le peu de lumière ambiante et le soleil de minuit en été. Ca influence certainement notre façon de penser la musique.

Votre remix de ‘I Took A Pill in Ibiza’ pour Mike Posner a probablement changé votre vie quotidienne à un point que vous n’auriez jamais imaginé, non ?
Tout à fait. Nous n'attendions rien de ce remix et nous le voyons aujourd’hui comme étant le deuxième track le plus joué dans le monde en 2016… Cela donne vraiment une nouvelle perspective sur la façon dont un morceau peut être incontrôlable et avoir une influence sur le quotidien. C'est cool et un peu effrayant à la fois... On est finalement très heureux d’avoir aujourd’hui la chance de faire exactement ce que l’on aime en remixant et en produisant sans avoir à demander la permission, ce qui est vraiment une bonne chose.

Vous avez plus d’un milliard d’écoutes en streaming sur vos remixes et vos morceaux originaux… Qu’est-ce que cela fait d’être aussi populaire ?
Je pense qu’actuellement, on est autour d’1,2 ou 1,3 milliard d’écoutes uniquement sur Spotify. Si vous comptez les autres services de streaming et YouTube, ça en devient effrayant… C’est toujours le même processus et nous avons toujours la même incertitude concernant chacune de nos nouvelles idées musicales. Ça rend sans doute les choses plus faciles de faire confiance à nos instincts, mais c’est en fait assez mineur.

Est-ce que c’est une chose à laquelle vous pensez quand vous êtes en studio ?
Nous essayons de ne pas y penser quand nous sommes enfermés en studio… Nous essayons toujours de penser chaque nouvelle idée simplement comme ‘une chanson’, même si nous devons y accueillir la voix d’un artiste majeur. C’est quelque chose dont nous devons être capables pour travailler normalement. Sans ça, nous serions trop nerveux et peu productifs. C’est important.

Nous avons un profond respect pour le deejaying, même si nous savons que nous ne serons jamais aussi bons que les mecs qui font ça depuis des années et des années...

Vous semblez apprécier particulièrement les featurings. Qui figure en haut de votre wish list ?

C’est difficile à dire… Honnêtement, il y en a beaucoup. Nous aimons les chanteurs avec des voix particulières et nous recherchons constamment de nouveaux profils. Pour nous, ceci est plus important que le fait d’être connu ou non. Luke Steele, d’Empire of the Sun, serait une des voix avec laquelle nous aimerions collaborer. Il y a aussi des gens comme The Weekend et, bien sûr, nous ne dirions pas non si nous avions la moindre chance de faire quelque chose avec Daft Punk. Ils ont été une grande inspiration pour nous.

Les voix ont l’air très importantes dans votre musique. Est-ce l’élément clé pour atteindre un public plus large ?
Oui. Les voix, le message et l’énergie : c’est tout ce dont il est question. Si vous avez les trois, vous pouvez vous connecter avec les gens. Autrefois, nous aurions souvent eu un ou deux de ces éléments en place et nous aurions alors dû compenser en travaillant sur la production. Pour nous, la voix est l’élément clé dans la musique et nous adorons jouer avec elle.

Vous avez accepté de faire un mix exclusif pour nous. Le deejaying est-il une pratique courante chez vous ?
C’est courant, mais assez récent. Nick a un passé de DJ mais nous deux autres, non, alors on s’est entrainé comme des fous cette année. Nous avons un profond respect pour le deejaying, même si nous savons que nous ne serons jamais aussi bons que les mecs qui font ça depuis des années et des années. Ceci dit, nous pouvons compenser en créant des versions spéciales de tracks que nous jouons dans nos sets, de manière à ce que les gens puissent être excités à l’idée d’entendre quelque chose d’unique, composé pour eux. Un jour, nous ferons aussi peut-être nos propres Live où chacun de nous jouera sur des instruments. Ça n’arrivera pas tant que nous n’aurons pas le matériel nécessaire, bien sûr, mais c’est un peu notre but ultime : créer une sorte de combinaison entre un DJ set et une performance Live.

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