Spinnin est le label derrière les carrières de nombreux DJ's stars hollandais. Récemment dans la tourmente avec le départ de Martin Garrix, Eelko van Kooten, son directeur, n'a pourtant pas de soucis à se faire tant il a su construire un vrai empire...

Voilà plus de 15 ans que Spinnin fait des siennes dans l'industrie de la Dance Music. Peu à peu, le label hollandais s'est imposé comme l'un des poids lourds de l'industrie musicale, en signant des centaines de profils artistiques avec toujours un temps d'avance. Prenez les exemples récents de Julian Jordan et Martin Garrix, signés par Spinnin à l'adolescence, avec l'ambition d'en faire des DJ-producteurs à rayonnement international. Le label a ainsi sorti un nombre de tubes Dance impressionnant depuis sa création, avec une accélération évidente au moment de l'avènement d'Internet et des réseaux sociaux. Alors que les Majors se plaignaient du piratage, Eelko van Kooten a compris qu'Internet offrait une chance unique aux musiques électroniques de séduire un public toujours plus large. Aujourd'hui à la tête d'une équipe de 30 personnes, l'entrepreneur compte parmi les personnages les plus influents de l'EDM. Il a accompagné et développé de nombreux DJ's dans leur carrière, aidant Afrojack, Sander van Doorn, Bingo Players et Nicky Romero, entre autres, à mettre en place leurs propres labels en lien avec le sien. Même s'il s'en défend, Spinnin est aussi connu pour son catalogue volumineux, alimenté chaque semaine par plusieurs sorties en digital. Porté par sa quête d'indépendance et son ambition, Eelko van Kooten a toujours voulu partager la musique électronique avec le grand public. De cette vision folle est né l'empire Spinnin, dont il reste aujourd'hui le pilier central. Rencontre !

 

Je recherche toujours des profils qui ont de l'ambition et une vraie personnalité. C'est la clé ! (Eelko van Kooten)



Spinnin est devenu une grosse machine. Comment se sent-on quand on a autant de pouvoir ? 

Je n'aime pas qu'on nous compare à une machine. J'ai la chance d'avoir une équipe très bien rodée, avec du talent et de l'ambition. On signe la meilleure musique possible, avec l'envie de la partager avec le plus grand nombre. Le tout dans une ambiance décontractée !

Il y a 10 ans, sentais-tu que la Dance Music deviendrait un genre musical à ce point populaire ?

Spinnin a été créé quinze ans en arrière, avec le même objectif qu'aujourd'hui, à savoir signer la meilleure musique possible et la partager avec le plus grand nombre. Grâce à Internet, nous avons été en mesure d'atteindre toujours plus de personnes, ce qui prouve que notre ambition était juste et que notre musique séduit à grande échelle.

Comment expliques-tu la suprématie de la scène hollandaise au sein de l'EDM et du deejaying ? 

En Hollande, il existe une scène clubbing vieille de 30 ans. C'est un petit pays, avec à la fois beaucoup de transparence et de concurrence entre tout le monde. Cela nous a permis de mettre sans cesse en évidence des profils artistiques de qualité. 

L'une des caractéristiques de Spinnin est de sortir un nombre impressionnant de nouveautés chaque mois. C'est un bon choix en terme de business ?

La qualité est bien plus importante que la quantité. Les gens le savent et nous font confiance depuis des années. Leur offrir la meilleure musique qui soit, voilà la vraie bonne stratégie ! 

Tu es à la tête du label qui reçoit certainement le plus grand nombre de démos... Mis à part le Spinnin'Lab, comment ton équipe parvient-elle à s'en sortir ?

Nous avons justement tout recentré sur notre application “Talent Pool” intégrée à notre page Facebook. C'est uniquement par ce biais que nous parcourons les démos et trouvons de nouveaux talents, sauf exceptions...   

Un mot au sujet de votre chaîne Youtube Spinnin'TV et de l'importance des clips vidéos en matière de Dance. Votre chaîne est l'une des plus suivies sur le net, est-ce que cela signifie que vous vous adressez à des gens qui passent plus de temps derrière leur écran qu'à sortir en club ? 

Les fans adorent le côté spontané de YouTube. Ils peuvent retrouver les émotions de ce qui se passe en club ou en festival sans même avoir besoin de se déplacer. Et il est vrai que la plupart des jeunes ne sont pas en mesure de participer à cause de leur âge, alors ils se servent de Youtube pour vivre leur passion. On a compris cette notion de partage très tôt au sein de notre label, ce qui explique aujourd'hui qu'on affiche de si bons résultats.

Selon toi, quelle est la part d'importance des clips vidéos dans le succès d'un DJ aujourd'hui ? 

Les clips vidéo et les captures Live en clubs ou en festivals sont des supports privilégiés pour le partage de la musique. Cela créé un lien évident entre l'artiste et ses fans. Avec la propagation d'Internet, c'est donc naturellement devenu quelque chose d'essentiel pour tous les artistes. 

Il semblerait que votre catalogue se soit récemment ouvert sur d'autres sonorités que le big room et les tubes dancefoor. Quelles sont tes prévisions pour les mois à venir ? 

La Progressive-House et la Deep-House seront encore plus populaires qu'elles ne le sont aujourd'hui. 

Interview réalisée à Amsterdam en Octobre 2014. Première parution dans le magazine DJ Mag #07 de Décembre 2014. 

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