Voici des passages bonus de l'interview de Sébastien Léger publiée dans le dernier magazine DJ Mag d'Avril-Mai... Comme à son habitude, le DJ-producteur français n'a pas sa langue dans sa poche.

Voici les extraits bonus de notre interview de Sébastien Léger publiée dans le dernier magazine DJ Mag. Il y est question de ses débuts en tant que producteur, de son set-up en studio, de son nouveau label Temple Of Lions inspiré par l'Indonésie, mais aussi de la mode deep-pop qui a envahi les radios depuis quelque temps... 


"La musique ne devrait pas en être à ce niveau-là de facilité."


Parlons un peu de Blackjack, c'est le premier label sur lequel tu as signé tes titres, alors pourquoi n'en retrouve-t-on pas dans ton bes-of ?

Blackjack, c'était une bonne époque, j'y ai signé mes premiers EP. J'étais dans le sud de la France. J'aurais pu en mettre mais je voulais sélectionner à la fois les morceaux les plus intéressants de ma discographie et ceux qui correspondent à ce que j'aime en ce moment. J'ai donc laissé de côté mes tracks disco-house parce que ça ne colle plus trop à ce que je suis en ce moment. Je suis dans une autre musicalité, je reviens aux mélodies et je mets de côté les boucles. J'ai donc préféré inclure des titres comme 'PopCorn', qui est sorti en 2001 et qui avait cartonné en Hollande à sa sortie. Quand je l'écoute aujourd'hui,je le trouve encore mortel. C'est l'exemple d'un morceau qui a bien vieilli selon moi. 

Par rapport à ton studio, si tu devais nous citer un outil qui a révolutionné ta méthode de production, ce serait lequel ?

Sans hésiter, Ableton Live ! Avant ça, j'étais 100% hardware, du séquenceur au mixeur. Il n'y avait pas d'ordinateur dans mon studio. Ableton a changé ma vie de producteur. J'ai même eu un moment où je faisais tout sur Ableton, mais ça m'a gavé de n'utiliser que des plug-in.  J'ai donc remis en marche mes synthés analogiques pour prendre encore plus de plaisir et augmenter ma créativité. 

"Je suis passé devant un temple et j'ai eu un déclic en voyant ces deux lions à l'entrée."

Evidemment, tu as joué un peu partout dans le monde. Et il y a l'Indonésie, qui a débouché sur ton tout nouveau label, Temple of Lions. C'est ton 5ème label, le plus spirituel d'entre tous ?

Je ne suis pas quelqu'un de spirituel, mais j'ai toujours aimé les musiques un peu mystiques, qui provoquent l'imaginaire. Le genre de musique sur laquelle tu penses qu'il fait beau, chaud, avec de belles images qui viennent en tête. L'un de mes meilleurs amis est résident à Bali. La première fois que j'y suis allé, j'ai été étonné de voir les gens kiffer à ce point la deep-house groovy et mélodique. Ce n'est pas une île touristique, il y a une vraie réceptivité. J'ai vraiment pu jouer tout ce que je voulais. L'atmosphère de l'île m'a interpellé. C'est un peu magique, c'est assez bizarre d'ailleurs. Car au final, c'est assez sombre, il n'y a pas de sable blanc et de cocotiers... C'est plutôt la jungle, les rizières, et tout est sombre, même les murs des temples. C'est assez intrigant comme endroit. T'as le soleil mais ce n'est pas la carte postale toute lisse que tu peux imaginer. Je suis passé devant un temple et j'ai eu un déclic en voyant ces deux lions à l'entrée. Le nom du label m'est venu de là. 

Que penses-tu du retour en force de la deep-house, cette sorte de "pop-deep" qui séduit les radios depuis deux ans, avec des artistes comme Robin Schulz, par exemple. Tu crois que c'est parti pour durer ? 

Robin qui..? (rires). Tu sais, il y a beaucoup de mecs qui ont cartonné il y a deux ans et qui ne sont plus là. La musique, c'est un cycle perpétuel. Si c'est lui qui marche en ce moment, tant mieux pour lui. Il y a toujours eu des tendances qui vont et viennent, ça ne va pas durer. 

En matière de musique, il faudrait revenir à la notion de culture plutôt que de donner du crédit aux modes, en quelque sorte...?

Tout à fait ! Là, on est dans la culture fast-food. Même si je mange souvent au McDo, je suis conscient que c'est de la merde. La musique ne devrait pas en être à ce niveau-là de facilité.


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